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Savez-vous danser le « contango » ?


D’après Bruno Le Maire, « l’industrie agroalimentaire a comprimé ses marges et la grande distribution n’a pas contribué à renchérir les prix à la consommation des produits alimentaires. La hausse des prix des produits alimentaires résulte de la combinaison de plusieurs facteurs : guerre en Ukraine, reprise post-Covid, réchauffement climatique, crise sanitaire animale et divers facteurs de nature économique (compétitivité de l’économie, pénurie de main-d’œuvre…) ».

Ainsi donc, la spéculation et l’inflation dues à des « conjonctures » purement boursières et/ou à une raréfaction calculée des produits n’auraient rien à voir avec la montée en flèche du coût des produits de consommation, alimentaires ou pas :

Le Ministre de l’économie et des Finances sait-il que des dizaines de navires transportant du GNL tournent en rond au large de nos côtes ? Plus de 30 méthaniers transportant une valeur combinée de 2 milliards de dollars de gaz naturel restent en carafe ou tournent au ralenti dans le Golfe de Gascogne et à l’entrée de la Manche. Selon la société d’analyse maritime Vortexa, ces navires transportent une valeur combinée de 2 milliards de dollars de GNL.

Pour le Financial Times, les compagnies attendent tout simplement la montée des prix du « marché ». « Les méthaniers font la queue devant les terminaux européens de réception de GNL, à la recherche de ce qu’ils pensent être le marché optimum pour ce GNL », a déclaré au journal Felix Booth, responsable du GNL chez Vortexa. « Pour l’instant, ces navires sont incités à occuper des postes en prévision du fait que le temps froid augmentera la demande d’énergie et, à son tour, fera grimper les prix ».

Trente autres navires traversent l’Atlantique et devraient rejoindre les pétroliers avant l’hiver, selon les données de Vortexa.

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Les méthaniers dans les eaux européennes ont doublé au cours des deux derniers mois, les pays européens ayant rempli leurs réservoirs de stockage presque à leurs limites avant l’hiver.

La météo a joué des tours aux spéculateurs qui comptaient sur l’arrivée de l’hiver pour assurer la relève du gaz russe : des températures anormalement chaudes ont entraîné une réduction de la demande de chauffage, ce qui a maintenu les sites de stockage pleins et les prix ont baissé. Les prix du gaz naturel en Europe ont chuté par rapport à leurs sommets d’août, lorsqu’ils dépassaient 346 euros (343 $) par mégawattheure.

Mais les compagnies comptent sur une augmentation des prix dans les mois à venir et ont adopté une stratégie que les Anglo-Américains appellent un « contango », c’est-à-dire une condition particulière de marché dans laquelle le prix d’un « forward » ou d’un « future » s’échange à un prix supérieur au prix « spot » attendu au moment où la maturité (échéance) du contrat sera atteinte. La courbe de « future » ou de « forward » qui en résulte a alors une pente positive (pour eux), puisque plus leur maturité est lointaine, plus ces contrats se vendent à des prix élevés. Les prix pour la livraison dans le futur se négocient maintenant à des taux plus plus élevés que pour une livraison immédiate, explique le Financial Times dans l’article cité plus haut.

Une situation similaire impliquant l’industrie pétrolière s’est produite au plus fort de la pandémie de coronavirus, lorsque l’excès de brut a conduit les compagnies à maintenir en réserve leur pétrole sur des navires comme « stockage flottant », en attendant que les prix augmentent à nouveau.

On peut lire sur Wikipedia :

« Les accapareurs sont ceux qui, pendant la Révolution française, l’Empire, et plus largement, tous les régimes en guerre, sont accusés d’entasser des produits de consommation et de les conserver pour réaliser des profits importants par suite de la raréfaction des denrées et donc de la hausse des prix. »

Votée le 26 juillet 1793, la loi sur l’accaparement prévoyait jusqu’à la peine de mort pour les commerçants qui ne feraient pas la déclaration de leur stock de denrées de première nécessité.


Savez-vous danser le « contango » ?

Le gouvernement révolutionnaire, hostile dans son ensemble à l’économie dirigée, n’a pas manifesté un grand zèle pour faire appliquer la loi, laissée à la discrétion des municipalités et des sections.

Le N.O.M. n’étant, lui, pas du tout révolutionnaire, il est peu probable qu’il ait quelque réminiscence de cette loi que même les Français ont oubliée.

Même Bruno Le Maire.





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