Le contournement de la Biélorussie oblige les compagnies aériennes à zigzaguer dans le ciel européen


Air France, Lufthansa, KLM, Singapore Airlines, SAS, Air Baltic… les unes après les autres, les compagnies aériennes, notamment européennes, ont décidé, mardi 25 mai, de suspendre le survol de la Bielorussie. Des décisions qui font suite à la mesure de rétorsion adoptée, lundi 24 mai, par l’Union européenne après que les autorités biélorusses ont détourné dimanche, vers Minsk, un Boeing de la compagnie irlandaise à bas coûts Ryanair qui assurait la liaison entre Athènes et Vilnius. Cette opération, qualifiée par la France « d’acte de piraterie d’Etat », a permis aux autorités biélorusses l’arrestation d’un journaliste d’opposition, Roman Protassevitch, et de sa compagne qui se trouvaient à bord du vol de l’appareil.

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La décision de l’Union européenne ne va pas arranger les affaires des compagnies aériennes, déjà bien affaiblies par plus d’une année d’activité fortement ralentie par la crise du Covid-19. Elles ont déjà commencé à revoir l’organisation de leurs liaisons, notamment vers la Russie ou l’Asie. « Air France a pris connaissance des conclusions du Conseil européen et suspend en conséquence jusqu’à nouvel ordre le survol de l’espace aérien [biélorusse] par ses appareils. Les appareils déjà en route verront leur plan de vol modifié », a annoncé la compagnie dirigée par Benjamin Smith.

« Le vol direct vers Moscou sera plus compliqué », assure un pilote d’Air France. « Il va falloir faire un petit crochet » et passer au-dessus de l’Ukraine, au sud, ou par les pays baltes, au nord, « ce qui va allonger le vol de cinq à dix minutes », précise le navigant d’Air France. « Ces zigzags », selon lui, vont entraîner une consommation supplémentaire de carburant. Un surcoût qu’Air France n’est pas encore en mesure de quantifier.

Une simple modification de l’automate

Toutefois, la compagnie ne devrait pas être trop fortement touchée. « Seule une dizaine de ses routes survolaient la Biélorussie », fait-elle savoir. En moyenne chaque semaine, 2 500 avions commerciaux traversaient le ciel biélorusse avant le détournement du vol de Ryanair. Ce contournement « va supprimer une option de route » en cas de problème, signale un pilote, selon lequel Minsk pouvait jouer le rôle « d’aéroport de secours ».

La Biélorussie n’est pas la seule zone à éviter dans l’espace aérien européen. Depuis 2014 et l’annexion de la Crimée par la fédération de Russie, les avions de ligne évitent le survol de la péninsule. La même année, les compagnies ont aussi détourné, un temps, leurs appareils de l’Ukraine après que des séparatistes du Donbass ont abattu avec un missile, le 17 juillet, le vol MH17 de la Malaysian Airlines.

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