le rapprochement économique a précédé le réchauffement politique


Le président français, Emmanuel Macron, accueille son homologue rwandais, Paul Kagame, lors d’une conférence internationale sur le Soudan, à Paris, le 17 mai 2021.

C’est au Mémorial du génocide de Kigali, où sont enterrés les restes de plus de 250 000 Tutsi massacrés en 1994, qu’Emmanuel Macron doit prendre la parole, jeudi 27 mai. Deux mois après la publication du rapport de la commission Duclert sur le rôle de la France dans le génocide au Rwanda, la visite du chef de l’Etat s’annonce axée sur les questions mémorielles.

Mais elle devrait également comprendre un volet économie et développement, puisque une petite dizaine d’entreprises françaises seront présentes, ainsi que le directeur général de l’Agence française de développement (AFD), Rémy Rioux. Celui-ci devrait à cette occasion annoncer le lancement de nouveaux projets au Rwanda, confirmant le grand retour de l’opérateur français dans le pays après des années d’une activité réduite au minimum.

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A Kigali, le rapprochement économique a précédé le réchauffement politique, Paris semblant privilégier un terrain neutre, non polémique, pour réparer les liens. « Le Rwanda a eu des performances remarquables ces dernières années et peut être considéré comme une plateforme potentielle de rayonnement économique dans la région », insiste une source diplomatique. Une stratégie gagnant-gagnant puisque de son côté, Kigali cherche à attirer les investissements étrangers et dépend encore beaucoup de l’aide internationale.

Alors que ses bureaux au Rwanda avaient fermé en 1996, l’AFD s’est progressivement réinvestie depuis une visite de Rémy Rioux au président Paul Kagame, en juin 2019. Un an plus tard, deux accords financiers étaient signés, pour la première fois depuis près de trente ans : une enveloppe de près de 40 millions d’euros de prêt à taux réduit pour la lutte contre les effets de la pandémie de Covid-19 et 5,8 millions d’euros sous forme de dons pour un programme de formation professionnelle et d’enseignement du français. Au total, ce sont près de 120 millions d’euros qui ont été engagés dans différentes opérations ces deux dernières années au Rwanda, également dans des secteurs tels que le sport ou l’énergie.

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Le renforcement de la coopération entre les deux pays aurait été discuté lors de la venue de Paul Kagame à Paris, en 2018. Le président rwandais avait alors participé au salon VivaTech, consacré aux nouvelles technologies et à l’innovation, et s’était entretenu avec Emmanuel Macron à l’Elysée. « Ils se sont mis d’accord pour travailler sur des sujets concrets et d’intérêt commun entre les deux pays. Un certain nombre d’engagements ont été pris à cette occasion, qui ont progressivement été mis en place depuis l’arrivée d’un nouveau chargé d’affaires à Kigali », poursuit notre source.

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