la France et l’Afrique du Sud au diapason sur la levée des brevets



la France et l'Afrique du Sud au diapason sur la levée des brevets

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En visite en Afrique du Sud, Emmanuel Macron s’est dit  favorable à une levée temporaire des brevets des vaccins anti-Covid pour permettre des transferts de technologie de production dans les pays pauvres. Une prise de position applaudie par Pretoria.

Les brevets sur les vaccins anti-Covid-19 « ne doivent en rien être un frein » à l’immunisation des populations, a affirmé le président français, Emmanuel Macron lors d’une visite, vendredi 28 mai, à Pretoria, en Afrique du Sud, dans la foulée de son voyage au Rwanda. Une prise de position applaudie par le président sud-africain qui a dénoncé un « apartheid vaccinal » et qui milite pour que chaque pays puisse produire des doses.

Le président français a soutenu la solution des « exemptions » sur les brevets, sur le modèle de celles décidées pour les traitements anti-sida, qui permettent aux pays en crise de fabriquer des médicaments génériques moins chers. Mais « nous n’arrivons pas à mettre en place ces exemptions » à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour le Covid, a reconnu Emmanuel Macron. 

« Je suis pragmatique », a-t-il poursuivi, « s’il apparaît clairement que cela ne peut pas fonctionner, le président Ramaphosa propose quelque chose qui peut être fait en parallèle, et je le soutiendrai, c’est un « waiver », c’est-à-dire une levée des règles de propriété intellectuelle sur tous les vaccins Covid le temps de la crise ».

« En aucun cas la propriété intellectuelle ne peut et ne doit faire obstacle au transfert de technologie », a-t-il dit. « Nous avons d’ailleurs décidé ensemble de porter une initiative commune sur ce sujet au G7 » de juin, a annoncé le président français.

>> À lire : La levée des brevets, un long parcours d’obstacles

Transferts de technologie rapide

Le président français a rappelé que son objectif était de mettre en place,  en premier lieu, des transferts de technologie rapide pour installer au plus vite des capacités de production de vaccins en Afrique. Il devait d’ailleurs annoncer dans l’après-midi des accords d’investissement, notamment avec le laboratoire sud-africain Aspen.

L’Afrique du Sud et l’Inde mènent une campagne pour un renoncement aux droits de propriété intellectuelle sur les vaccins contre le coronavirus, afin que chaque pays puisse produire des doses. Ce ralliement au « waiver » réclamé par l’Inde et l’Afrique du sud constitue une évolution de la position française sur les brevets des vaccins anti-Covid.

Jeudi encore, devant un forum économique organisé par le magazine Challenges, Emmanuel Macron défendait la solution des exemptions sur les modèles des trithérapies anti-sida, en « continuant à avoir la bonne rémunération pour l’innovation ».

Cette position « est une musique pour mes oreilles », s’est réjoui le président sud-africain. « Mais la mise en place de capacités de production, et pas seulement la question des brevets, pourront permettre des transferts de technologie », a nuancé Cyril Ramaphosa.

« Nous voulons convaincre de plus en plus de pays de la justesse de notre position », a-t-il dit, la production de ses propres vaccins « changera la donne pour l’Afrique » a conclu le président sud-africain.

« Apartheid vaccinal »

Officiellement le plus touché d’Afrique, le pays qui fait maintenant face à une troisième vague imminente de la pandémie et compte officiellement plus de 1,6 million de cas pour plus de 56 000 morts.

En retard sur le reste du monde, l’Afrique du Sud n’a vacciné que 1 % de sa population de 59 millions de personnes et sa campagne d’immunisation des personnes âgées n’a démarré que la semaine dernière.

« Le véritable défi auquel nous sommes confrontés est la non-disponibilité des vaccins. Les pays bien dotés les ont achetés et les stockent. Nous sommes maintenant bloqués », a décrit Cyril Ramaphosa.

« Seuls quelques-uns reçoivent les vaccins de manière illimitée » alors qu’en Afrique, seulement 2 % de la population est aujourd’hui protégée, a asséné le président sud-africain, déplorant à nouveau un « apartheid vaccinal ».

L’Afrique représente 20 % des besoins, mais seulement 1 % de la production et 2 % des personnes vaccinées. Le continent compte plus de 4,7 millions de cas, pour près de 130 000 décès. 

Avec AFP



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