l’Asie en retard sur les vaccinations


Champions de la maîtrise de la pandémie, grâce à des mesures prophylactiques précoces et des quatorzaines strictes pour tout entrant, dont leurs ressortissants, dès mars-avril 2020, la plupart des pays de la zone Asie-Pacifique ont raté le train de la vaccination, soit qu’ils pensaient avoir le luxe d’attendre, soit à cause d’incidents de parcours imprévus – comme d’avoir trop misé sur AstraZeneca pour l’Australie et la Thaïlande. Les opinions publiques y sont aussi plus rétives : 14 % des Sud-Coréens et 22 % des Japonais se disaient, en janvier selon une enquête Ipsos, prêts à être vaccinés, contre 53 % aux Etats-Unis.

Lire aussi l’éditorial : La stratégie zéro Covid mise à mal en Asie

« Ce n’est pas [pour ces pays] la vaccination ou rien. Les pays qui ressentent le besoin le plus urgent d’accélérer les vaccinations sont ceux qui souffrent le plus », notait en janvier Krishna Udayakumar, directeur du Centre d’innovation Duke de santé globale, dans le New York Times. Circonstance aggravante, plusieurs d’entre eux, jusqu’alors largement épargnés, connaissent pour la première fois une flambée de contaminations – comme Taïwan, avec 671 nouveaux cas et 13 morts supplémentaires le 27 mai, et la Thaïlande, 5 386 nouvelles contaminations et 47 morts en plus ce même jour.

Stratégies accusées de lenteur

Ces retards touchent même les économies riches de la région, comme le Japon, la Corée du Sud, Taïwan et l’Australie, susceptibles d’être pénalisées par leurs frontières fermées alors que se dessine une sortie du Covid-19 dans les pays les plus vaccinés, comme Israël (59 % des personnes entièrement vaccinées) et les Etats-Unis (40 %). Le gouvernement australien a révisé une douzaine de fois ses objectifs en matière de vaccination, notamment parce qu’il comptait sur AstraZeneca, qui doit être fabriqué localement, mais qui a finalement été déconseillé aux moins de 50 ans en avril, suite à la survenue de thromboses. La stratégie adoptée est critiquée pour sa lenteur : 13,4 % des 25 millions d’habitants ont reçu une dose, mais moins de 2 % de personnes sont entièrement vaccinées.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Net rebond de la pandémie en Asie du Sud-Est

La Chine est un cas particulier, où 546 millions de doses ont été administrées, au moyen de sept types de vaccins locaux (seul un, Sinopharm, étant approuvé par l’OMS) et de grandes disparités – plus de 80 % des Pékinois de plus de 18 ans auraient reçu une première dose. Les mieux lotis sont de tout petits Etats comme Singapour (28 % des 5,7 millions d’habitants entièrement vaccinés) et la Mongolie. Pas loin de la moitié des 3 millions de Mongols est entièrement vaccinée, essentiellement grâce à des vaccins chinois et russes.

Il vous reste 66.8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *