les Vingt-Sept « ont besoin de plus que le plan de relance » de 750 milliards d’euros, pour le commissaire européen à l’économie

Le commissaire européen à l’économie, Paolo Gentiloni, à Bruxelles, le 1er juin.

La Commission européenne a présenté, mercredi 2 juin, ses recommandations aux Etats membres. Elle propose que le pacte de stabilité et de croissance, qui a été suspendu afin de permettre aux Vingt-Sept de dépenser sans compter pour faire face à la crise liée au Covid-19, ne soit pas rétabli avant 2023. Dans un entretien au Monde, Paolo Gentiloni, le commissaire à l’économie, explique pourquoi les règles budgétaires européennes doivent, à tout prix, être révisées. L’ancien premier ministre italien revient aussi sur le plan de relance de 750 milliards d’euros, financé par une dette commune aux Vingt-Sept, et sur la nécessité d’en faire plus si le Vieux Continent veut sortir de la pandémie plus fort qu’il ne l’était avant.

La Commission a présenté ses recommandations aux Etats membres. Quel en est le message principal ?

Il faut continuer à soutenir l’économie européenne, pour la mettre sur le chemin d’une croissance durable. Le temps n’est pas venu de restaurer nos finances publiques, les incertitudes persistent, et ce serait une gigantesque erreur, qui mettrait en péril la reprise. Pour la première fois de notre histoire, les politiques budgétaire et monétaire européennes sont coordonnées. Il faut continuer à tout prix. L’acquis de cette pandémie, ce n’est pas seulement la solidarité entre Européens, mise en œuvre à travers le plan de relance de 750 milliards d’euros. C’est aussi le fait que la croissance est au cœur de notre politique économique. Le niveau de la dette n’en est pas le mot-clé.

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Notre ambition n’est pas seulement d’avoir un rebond – nous y sommes, avec une croissance supérieure à 4 % cette année, comme l’an prochain, en Europe ; en France, en 2021, elle dépassera même 5 % –, mais de faire en sorte qu’après 2022 la croissance soit plus forte que ce qu’elle était avant la crise liée au Covid-19. Ces dix dernières années, l’économie européenne s’était japonisée. Tout était bas – les taux d’intérêt, la croissance et l’inflation –, et l’on pensait que cela allait durer longtemps. Notre défi, c’est de rompre avec cet état et de créer un environnement plus favorable à la croissance. Je pense que nous allons y arriver.

Certains pays, comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, ont prévu de commencer à réduire leur dette relativement rapidement. Font-ils une erreur ?

« Ces dix dernières années, l’économie européenne s’était japonisée. Tout était bas – les taux d’intérêt, la croissance et l’inflation. Notre défi, c’est de rompre avec cet état »

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