A Budapest, le maire renomme des rues pour s’opposer au projet de campus chinois


Des militants tiennent un drapeau tibétain devant une rue rebaptisée « Avenue des martyrs ouïgours » à Budapest, le 2 juin 2021.

« Avenue du dalaï-lama », « Avenue des martyrs ouïgours », « avenue de Hongkong libre », « Avenue de [l’évêque clandestin] Xie Shiguang »… Les futurs étudiants chinois du campus de l’université Fudan de Budapest risquent d’avoir des sueurs froides lorsqu’ils indiqueront leur adresse. Pour marquer son opposition au gigantesque et très contesté projet défendu par le premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban, le maire de Budapest, Gergely Karacsony, a en effet annoncé mercredi 2 juin son intention de renommer toutes les rues entourant le site du futur établissement.

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« Lorsque nous donnons à des espaces publics le nom de victimes de l’Etat chinois, nous ne nous contentons pas de les défendre, mais nous défendons également les idéaux de liberté et de solidarité », a expliqué l’édile, devant le terrain où seront érigés les bâtiments.

A la tête de la capitale hongroise depuis 2019, cet écologiste s’est également porté candidat à la primaire unique de l’opposition, destinée à essayer de battre Viktor Orban lors des législatives de 2022. Et il a visiblement décidé de faire de ce projet de campus, destiné à accueillir près de 6 000 étudiants et 500 professeurs dans le sud de la ville, un tremplin pour sa candidature, en affirmant qu’il préférerait, lui, bâtir une résidence pour les étudiants hongrois.

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Prêt chinois à rembourser

D’ici à 2024, le gouvernement veut ouvrir sur ce terrain de plus de 130 hectares ce qui sera le plus grand campus chinois jamais érigé en Europe. Baptisé « Fudan Hungary University », il sera rattaché à cette université basée à Shanghaï. Il marquera la proximité de Viktor Orban avec le pouvoir chinois, que le premier ministre magyar ménage systématiquement et auprès de qui il a commandé plusieurs millions de doses du vaccin Sinopharm ces derniers mois.

La Hongrie a aussi déjà annoncé vouloir construire une ligne de chemin de fer avec l’aide de Pékin et compte même bientôt produire des vaccins chinois dans ses usines.

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Evoquant la « Fudan Hungary University », le ministre de l’innovation et des technologies, Laszlo Palkovics, a défendu un programme qui « va bénéficier à la Hongrie et à la Chine ».

En la matière, le projet, dont les contours financiers ont été révélés par le site d’investigation Direkt36 en avril, semble pourtant être surtout favorable à Pékin. Estimé à 1,5 milliard d’euros, le campus sera financé en grande partie par un prêt chinois de 1,3 milliard d’euros que les Hongrois devront entièrement rembourser. Malgré cela, ce sont des entreprises et des ouvriers chinois qui seront chargés de le construire.

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