Bruxelles propose un projet de réforme minimal


Margaritis Schinas, vice-président de la Commission euopéenne, et  Ylva Johansson, commissaire aux affaires intérieures, présentent le projet de réforme de l’accord Schengen, le 2 juin 2021, à Bruxelles.

L’arrivée massive de demandeurs d’asile en 2015-2016 avait entraîné une importante réinstauration des contrôles aux frontières intérieures de l’Union et, au début de la pandémie de Covid-19, 19 Etats membres y ont de nouveau eu recours. Censés durer deux ans au maximum, ces contrôles sont, parfois, encore en vigueur. L’espace sans passeport de Schengen, « symbole de notre mode de vie, joyau européen », comme le définit le vice-président de la Commission de Bruxelles, Margaritis Schinas, est-il mort ?

« Non », ont répondu en chœur, mercredi 2 juin, M. Schinas et la commissaire aux affaires intérieures, Ylva Johansson. Alors que se sont multipliés les appels, souvent vagues, de certains Etats à une « réforme » de ces accords, et que la crise sanitaire a démontré leur fragilité, la Commission veut « sauver Schengen en le renforçant ».

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S’appuyer sur Frontex

Sa stratégie s’appuie sur trois piliers et leur ordre d’énumération n’est pas innocent. Il s’agit d’abord de renforcer encore le contrôle aux frontières extérieures. « Pour être libres de nous déplacer à l’intérieur de l’espace, nous devons renforcer notre capacité de contrôle à l’extérieur », résume M. Schinas, titulaire du portefeuille de la promotion du mode de vie européen. Pour ce faire, l’Union s’appuiera prioritairement sur l’agence Frontex, qui sera dotée, à terme, de 10 000 agents et d’un budget de 6 milliards d’euros. Sa gestion et ses pratiques sont contestées, mais on se contente désormais à Bruxelles de parler de « dénigrement systématique » à l’égard de cette institution.

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L’autre moyen proposé est l’accélération de l’interopérabilité (promise en 2019, toujours pas réalisée) entre les différents systèmes d’information : enregistrement des données des entrées et sorties, projet Etias (qui doit permettre de suivre les visiteurs venant de pays qui n’ont pas besoin de visa pour pénétrer dans la zone Schengen). Il s’agit enfin de la procédure d’enregistrement des migrants et demandeurs d’asile avant leur entrée en Europe, prévue par le pacte sur la migration et l’asile, présenté par la Commission à l’automne 2020 et toujours en discussion.

Deuxième pan de cette stratégie, des « alternatives », censées éviter d’autres fermetures des frontières, « non coordonnées, inutiles et arbitraires ». Mme Johansson compte présenter d’ici à la fin de l’année un « code de coopération policière », et table sur le renforcement de l’agence Europol et sur une politique commune de visas. Quant au pacte pour la migration, il limiterait – à condition d’être adopté – les mouvements secondaires de migrants. La France avait beaucoup insisté sur ce point lors du premier Forum Schengen, organisé en novembre 2020, après les attentats survenus à Vienne et Nice. Le djihadiste qui avait tué trois personnes avec un couteau dans la basilique de Nice, en octobre 2020, était entré par l’Italie et avait pu gagner la France sans être jamais inquiété.

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