Commémoration de Tiananmen à Hong Kong: Chow Hang-tung remise en liberté sous caution


L’une des organisatrices à Hong Kong d’une veillée interdite pour commémorer les événements de Tiananmen, Chow Hang-tung, a été remise en liberté samedi.

L’avocate, âgée de 37 ans, est vice-présidente de l’Alliance Hong Kong à l’origine de l’organisation de cette veillée aux bougies dans le parc Victoria, au coeur de l’île de Hong Kong, interdite pour la deuxième année consécutive.

Mme Chow, l’une des rares figures du mouvement pour la démocratie à ne pas être derrière les barreaux ou en exil, avait été arrêtée vendredi à l’aube devant son bureau en centre-ville.

« Je rejette toutes les accusations », a déclaré Mme Chow devant un commissariat de Hong Kong après sa remise en liberté moyennant une caution de 10.000 dollars de Hong Kong (1.061 euros) et l’obligation de rendre compte à la police le 5 juillet.

Elle a dénoncé un abus de pouvoir de la part de la police, dénonçant une « arrestation préventive injuste avec pour objectif évident de m’empêcher d’être physiquement présente au parc Victoria et d’effrayer les autres personnes pour les empêcher de faire de même ».

« Allumer une bougie n’est pas un crime », avait écrit Mme Chow sur Facebook le 29 mai, assurant qu’elle allumerait une bougie en public le 4 juin pour commémorer les victimes de Tiananmen 32 ans après. Selon l’avocate, la police a utilisé ce message comme preuve contre elle, ainsi que ses articles et interviews dans les médias.

La militante Chow Hang-tung, remise en liberté, quitte le commissariat de Tsuen Wan, le 5 juin 2021 à Hong Kong (AFP - Peter PARKS)

La militante Chow Hang-tung, remise en liberté, quitte le commissariat de Tsuen Wan, le 5 juin 2021 à Hong Kong (AFP – Peter PARKS)

« Ils veulent menacer les médias en leur disant que s’ils font d’autres interviews sur ce sujet sensible, les personnes interviewées seront arrêtées », a-t-elle dit en assurant qu’elle continuerait à s’exprimer.

L’avocate a expliqué avoir jeûné pendant sa détention au commissariat, à la mémoire des victimes de la répression de Tiananmen.

La police a interdit vendredi l’accès au parc Victoria où se déroulait chaque année depuis plus de trente ans une veillée en mémoire des victimes de l’intervention sanglante de l’armée chinoise, le 4 juin 1989, contre le mouvement social et étudiant pro-démocratie sur la place Tiananmen à Pékin.

Toute commémoration de cet événement est interdite en Chine. La région semi-autonome de Hong Kong était le seul endroit du pays où elle était tolérée.

L’an dernier, la veillée avait été interdite, en invoquant comme cette année les restrictions liées à la lutte contre la pandémie de coronavirus, mais la police avait observé sans intervenir le rassemblement de milliers de personnes dans le parc Victoria.

Certains habitants de Hong Kong ont cependant trouvé d’autres moyens de commémorer cet anniversaire cette année, notamment en allumant de petites lumières dans les rues ou aux fenêtres, en soirée.

La militante pro-démocratie Chow Hang-tung est emmenée par des policiers en civil après son arrestation à Hong Kong le 4 juin 2021 (AFP - Xinqi SU)

La militante pro-démocratie Chow Hang-tung est emmenée par des policiers en civil après son arrestation à Hong Kong le 4 juin 2021 (AFP – Xinqi SU)

En un an, le climat politique s’est considérablement dégradé dans l’ex-colonie britannique avec la répression implacable du mouvement pro-démocratie qui avait mobilisé massivement dans les rues en 2019 la population contre les ingérences de Pékin.



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