Le Brexit et le différend entre le Royaume-Uni et l’UE sur l’Irlande du Nord empoisonnent le G7


Boris et Carrie Johnson accueillent Emmanuel et Brigitte Macron pour une photographie officielle au G7 organisé à Carbis Bay, en Angleterre, vendredi 11 juin 2021.

Comment saboter un sommet du G7 présenté comme historique, censé prendre des décisions cruciales pour stopper la pandémie de Covid-19 et lutter contre le changement climatique ? En continuant, comme l’ont fait Boris Johnson et les dirigeants européens, un bras de fer aussi affligeant qu’interminable sur l’Irlande du Nord. La « guerre de la saucisse » menaçait, dimanche 13 juin, dernier jour du sommet présidé par le premier ministre britannique à Carbis Bay, en Cornouailles, d’occulter les annonces de dons de vaccins et le déblocage de fonds pour protéger les océans.

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Le président des Etats-Unis, Joe Biden, avait pourtant pris le soin de ne pas envenimer les relations, déjà très tendues, entre Londres et Bruxelles, concernant le protocole nord-irlandais, partie du traité du Brexit que le gouvernement Johnson a accepté d’endosser fin 2019, mais dont il conteste désormais l’application.

« Nous n’hésiterons pas à invoquer l’article 16 »

M. Biden, très fier de ses racines irlandaises, avait fait part de sa « profonde préoccupation » en amont du sommet, par voie diplomatique, au sujet du processus de paix en Irlande du Nord, fragilisé par le Brexit, mais il avait jugé « très productive » sa rencontre bilatérale avec M. Johnson, jeudi 10 juin.

« Le premier ministre et le président ont réaffirmé leurs engagements à l’égard du traité de paix nord-irlandais du Good Friday Agreement [l’accord du Vendredi saint, signé en 1998]. Ils sont d’accord sur le fait que l’Union européenne [UE] et le Royaume-Uni ont une responsabilité commune et doivent trouver des solutions pragmatiques afin de permettre un commerce sans entrave entre l’Irlande du Nord, la République d’Irlande et la Grande-Bretagne », avait précisé un porte-parole de Downing Street à l’issue de la rencontre.

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La discussion a pourtant très vite dérapé, dès samedi 12 juin. Etonnamment, c’est M. Johnson qui a remis une pièce dans la machine. « Nos amis européens ont entendu nos arguments prononcés avec force, nous ferons tout ce qu’il faudra pour protéger l’intégrité de notre pays », a déclaré le premier ministre britannique. Et d’ajouter, lors d’une interview accordée à la chaîne Sky News : « Si l’UE continue à nous opposer toutes sortes d’obstacles plutôt que d’appliquer le protocole “de manière raisonnable” », alors « nous n’hésiterons pas à invoquer l’article 16 [du protocole nord-irlandais] ».

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