Les Suisses votent sur l’interdiction des pesticides et la lutte anti-terroriste



Les Suisses votent sur l'interdiction des pesticides et la lutte anti-terroriste

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Les Suisses se prononcent, dimanche 13 juin, sur plusieurs textes dont deux concernant les pesticides qui divisent profondément le monde agricole, et un autre sur la loi sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme.

Les Suisses se prononcent dimanche sur plusieurs sujets brûlants, comme l’interdiction des pesticides de synthèse mais aussi le renforcement de la lutte contre le terrorisme.

Les bureaux de vote ferment leurs portes en milieu de journée car une très grande majorité d’électeurs a déjà voté par correspondance au cours de ces dernières semaines. Les résultats devraient être connus en début de soirée.

Ce sont surtout les deux initiatives populaires anti-pesticides qui ont occupé le devant de la scène, après une campagne électorale marquée par des débats houleux entre agriculteurs. D’autant que le pays abrite un des plus grands fabricants de produits phytosanitaires, le groupe bâlois Syngenta, racheté en 2017 par le géant chinois ChemChina.

Un premier texte – « Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse » – demande l’interdiction de ces produits dans un délai de dix ans. L’importation de denrées alimentaires produites à l’étranger à l’aide de pesticides de synthèse ou contenant de tels pesticides serait elle aussi interdite.

Une autre initiative – « Pour une eau potable propre et une alimentation saine » – veut que les exigences environnementales qui conditionnent le versement de subventions de la Confédération aux agriculteurs soient durcies.

Le texte prévoit que ces paiements soient versés uniquement aux exploitations qui n’utilisent pas de pesticides, bannissent l’utilisation préventive ou régulière d’antibiotiques et sont en mesure de nourrir leurs animaux avec le fourrage qu’elles produisent elles-mêmes.

Les écologistes et la gauche ont apporté leur soutien aux deux initiatives. Le gouvernement les a revanche férocement combattues, estimant qu’elles nuiraient à la souveraineté alimentaire du pays.

Les sondages montrent un rejet des deux textes, avec un fossé entre les villes et les campagnes.

Terrorisme et droits humains

La protection de l’environnement est également au cœur de la révision de la loi sur le CO2 sur laquelle les Suisses se prononcent également dimanche.

Cette loi comprend différentes mesures destinées à réduire encore les émissions de ces gaz à effet de serre d’ici 2030. Elle encourage par des incitations financières les comportements respectueux du climat, comme la pose de bornes de recharge pour véhicules électriques et la commercialisation de véhicules consommant moins d’essence ou de diesel.

La loi prévoit aussi d’augmenter la taxe sur le mazout et le gaz naturel, ainsi que l’introduction d’une taxe sur les billets d’avion sur chaque vol au départ de la Suisse.

Selon les opposants au texte, ces mesures coûtent cher et toucheraient surtout les revenus bas et moyens et les personnes aimant voyager.

L’issue du vote semblait incertaine selon les sondages.

Une nette majorité de la population devrait en revanche soutenir dimanche la loi sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme, malgré les mises en garde de nombreux acteurs, y compris de l’ONU et Amnesty International.

Cette loi donne à la police les moyens d’agir plus facilement à titre préventif face à un « terroriste potentiel ».

Grâce à la loi, la police pourra mieux les surveiller, limiter leurs déplacements et les obliger à participer à des entretiens. Tout ceci dès l’âge de 12 ans. A partir de 15 ans, les personnes pourront par ailleurs être assignées à résidence pendant neuf mois, moyennant l’approbation d’un tribunal.

Les opposants de gauche à la loi estiment qu’elle ne respecte pas les droits fondamentaux et les droits de l’homme, et qu’elle met en danger l’héritage du pays en matière de droits humains.

Le gouvernement assure que les droits fondamentaux seront garantis et fait valoir que les programmes de déradicalisation sont insuffisants face à la menace que représentent certaines personnes.

Même si la Suisse a été épargnée par les attentats jihadistes qui ont frappé l’Europe, la menace reste « élevée » selon les autorités, qui ont fait valoir qu' »en 2020 deux attaques au couteau, probablement à +motivation terroriste+, ont eu lieu », à Morges et Lugano.

Les Suisses devraient par ailleurs approuver dimanche la loi contre le Covid-19 qui a donné au gouvernement des compétences supplémentaires pour lutter contre l’épidémie et pour en atténuer les effets sur la société et l’économie.

Avec AFP



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