A cause du variant Delta, l’Angleterre repousse d’un mois la fin de son déconfinement


Le premier ministre britannique, Boris Johnson, à sa sortie du 10 Downing Street, lundi 14 juin 2021, à Londres.

Cela n’a rien d’une surprise au vu de la progression exponentielle du variant Delta du SARS-CoV-2 sur le territoire national : le premier ministre britannique, Boris Johnson, a confirmé lundi 14 juin que le « Freedom Day », le jour où toutes les restrictions sanitaires devaient être enfin levées après trois mois d’un long déconfinement, serait décalé d’un mois, du 21 juin au 19 juillet. Restaurants, théâtres ou cinémas vont devoir attendre pour accueillir à 100 % de leurs capacités, les boîtes de nuit resteront fermées encore un peu et le télétravail sera maintenu.

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Cette décision ne concerne que l’Angleterre ; l’Irlande du Nord, le Pays de Galles et l’Ecosse disposant de leur propre politique sanitaire. Mais il est probable que leurs gouvernements respectifs suivent : plus contagieux d’au moins 60 % par rapport au variant Alpha (pour la première fois détecté dans le comté anglais du Kent), probablement plus virulent aussi (le risque d’hospitalisation est deux fois supérieur selon une étude préliminaire publiée par la revue The Lancet lundi), le variant Delta est désormais prévalent sur tout le territoire britannique – il concerne plus de 90 % des nouveaux cas de contamination du nord au sud du pays.

« Sauver des milliers de vies »

Flanqué de ses deux conseillers en chef, Chris Whitty et Sir Patrick Vallance, M. Johnson a expliqué avec pédagogie la raison de sa « prudence » et le pari qu’il prenait pour que la nouvelle date du 19 juillet soit, cette fois, « une date définitive » et « pour sauver des milliers de vies ». « Les cas d’infections doublent tous les sept jours dans les zones les plus touchées [au nord-ouest de l’Angleterre, dans le Grand Manchester], les hospitalisations ont augmenté de 50 % en une semaine sur le territoire. Nous faisons face à un choix difficile : si on maintient la réouverture complète le 21 juin, des milliers de gens risquent de mourir », a admis M. Johnson lundi.

Il est manifeste que le Royaume-Uni est confronté à une troisième vague infectieuse nourrie par le variant Delta (d’abord repéré en Inde), alors que les deux premières vagues ont déjà entraîné le décès de presque 128 000 personnes. Lundi, 7 742 nouveaux cas avaient été détectés sur les dernières vingt-quatre heures, en hausse de 45,5 % sur une semaine. La bonne nouvelle, selon les conseillers de M. Johnson, c’est que deux doses de vaccin – celui de Pfizer-BioNTech ou celui d’Oxford-AstraZeneca, les deux produits les plus déployés en Angleterre – protègent bien contre ce variant. « L’efficacité reste comprise entre 76 % et 84 % avec deux doses », a précisé M. Whitty – contre une trentaine de pour-cent avec une seule dose. Mais toute la population adulte n’a pas encore reçu ses deux doses en Angleterre, même si la campagne vaccinale a jusqu’à présent été un grand succès : 56,9 % des plus de 18 ans sont totalement vaccinés.

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