l’Afrique du Sud retire deux millions de vaccins Johnson & Johnson


Vaccination au centre de soins pour personnes âgées de Munsieville, près de Johannesburg, en Afrique du Sud, le 17 mai 2021.

L’Afrique du Sud, à la traîne dans la vaccination et qui vient d’entrer dans une troisième vague de pandémie de Covid-19, a annoncé dimanche 13 juin retirer deux millions de vaccins Johnson & Johnson (J & J), en raison d’« un problème de non-conformité » lors de sa fabrication aux Etats-Unis.

L’agence sud-africaine du médicament (Sahpra) a indiqué dans un communiqué avoir « pris la décision de ne pas distribuer les vaccins produits à partir de lots de composants médicamenteux non appropriés ».

Lire aussi L’Afrique face au Covid-19 : le continent s’inquiète d’une troisième vague

« Nous avions placé beaucoup d’espoir sur J & J dans notre plan de vaccination car c’est un vaccin à dose unique », a reconnu le président Cyril Ramaphosa depuis le sommet du G7 en Angleterre, lors d’une conférence de presse.

Les autorités américaines ont annoncé vendredi que « plusieurs lots », soit plusieurs millions de doses, fabriqués à Baltimore aux Etats-Unis et dont la production avait dû être stoppée il y a plusieurs semaines, devront être jetés. Des tests avaient révélé que des composants du vaccin suédo-britannique AstraZeneca, fabriqué dans la même usine, avaient été mélangés par erreur à la formule de J & J.

« Nous ne pouvons laisser le Sud »

La ministre de la santé sud-africaine, Mmamoloko Kubayi-Ngubane, avait précisé samedi que les deux lots concernés représentent « deux millions de doses » et sont actuellement stockés dans un laboratoire de haute technologie à Port Elizabeth (sud). Le géant sud-africain de la pharmacie Aspen importe les composants du vaccin J & J sur ce site et les conditionne sur place.

Lire aussi L’Afrique du Sud s’émeut des scandales de corruption liés à la lutte contre le Covid-19

Devant les dirigeants des sept pays les plus riches, Cyril Ramaphosa a notamment réitéré sa demande de suspendre temporairement les brevets sur les vaccins anti-Covid, afin de permettre à chaque pays de produire des versions génériques à faible coût.

« Si l’objectif est bien celui sur lequel nous nous sommes mis d’accord, qui est de vacciner le monde, alors nous devons rendre les vaccins disponibles », a-t-il martelé devant la presse. « Nous ne pouvons pas vacciner le Nord et laisser le Sud », a ajouté le président sud-africain, qui a dénoncé à plusieurs reprises un « apartheid vaccinal » favorisant les pays riches.

Pays le plus touché du continent

L’Afrique du Sud compte sur la livraison de 31 millions de doses du vaccin J & J pour immuniser sa population de 59 millions. Le pays a réussi à obtenir 30 millions de doses de Pfizer, mais ce vaccin à deux injections nécessite d’être conservé à très basse température. Une nouvelle livraison de 300 000 vaccins J & J « approuvés » doit arriver mardi, ont affirmé les autorités sud-africaines.

Lire aussi Covid-19 : le président sud-africain annonce un renforcement des restrictions

Le gouvernement avait déjà suspendu temporairement le vaccin en avril, après des cas de caillots sanguins aux Etats-Unis. En février, il avait aussi renoncé à 1,5 million de doses d’AstraZeneca, après des doutes sur son efficacité contre le variant local Beta.

En retard par rapport au reste du monde, l’Afrique du Sud n’a vacciné qu’un peu plus d’1 % de sa population, sa campagne d’immunisation des personnes âgées n’a démarré que fin mai. Pays africain officiellement le plus touché, l’Afrique du Sud compte plus de 1,7 million de cas, dont près de 58 000 décès. Plus de 9 300 nouvelles infections ont été recensées ces dernières 24 heures.

Le Monde avec AFP



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *