Aux Etats-Unis, l’inflation reste élevée, mais décélère


A la Bourse de New York, le 10 août.

La hausse des prix est restée élevée en juillet aux Etats-Unis, avec une hausse de 5,4 % sur un an, mais elle s’est stabilisée au même niveau qu’en juin, tandis que des signes de refroidissement apparaissent. C’est en tout cas le scénario sur lequel misent les autorités et la Réserve fédérale (Fed), après la publication, mercredi 11 août, du chiffre de l’inflation.

Il y a un effet historique important, la hausse des prix étant comparée à celle de l’été 2020, à l’acmé de la pandémie de Covid-19, lorsqu’ils avaient baissé. Par rapport à juin, les prix hors énergie et alimentation n’ont crû que de 0,3 %, contre 0,8 point les trois mois précédents. Il y aurait donc une décélération et le pire pourrait être passé, à en croire Wall Street, où les indices Dow Jones et S&P 500 ont battu leurs records historiques.

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Depuis des mois, la Fed et la Maison Blanche estiment que ce mouvement est ponctuel et que les Etats-Unis ne vont pas s’engager dans une spirale inflation-salaire. Le pays est avant tout victime d’un choc d’offre : augmentation du coût des matières premières, manque de main-d’œuvre, pénurie de semi-conducteurs, perturbation des chaînes d’approvisionnement et difficultés à remettre l’économie en route. Certaines envolées de prix restent ahurissantes, comme celles de l’essence (+ 41 % en un an) et des voitures d’occasion, mais s’expliquent par l’effondrement en 2020 du brut (qui avait même atteint des prix négatifs) et la pénurie de microprocesseurs, laquelle ralentit la production de véhicules neufs.

La propagation du variant Delta tempère la surchauffe. Elle relâche la pression sur les compagnies aériennes, incapables de répondre à la demande, qui avait retrouvé un niveau d’activité pré-Covid-19. Selon OpenTable, les réservations dans les restaurants sont retombées début août, après avoir retrouvé en juin leur niveau d’avant la crise. En revanche, en période de vacances, le prix des hôtels continue de grimper et a dépassé son niveau de 2019.

L’attention se focalise sur les salaires

A long terme, trois effets pourraient relancer les pressions inflationnistes, d’après le Wall Street Journal : la démondialisation partielle de l’économie et la hausse des coûts induite ; le vieillissement de la population, avec nombre de consommateurs baby-boomers et peu de travailleurs-producteurs ; l’atténuation de l’effet déflationniste de l’économie numérique (la croissance d’Amazon se ralentit et les prix de ventes en ligne ont augmenté de 0,2 % depuis mars 2020, tandis que ceux des taxis Uber, sous pression pour faire des profits, ont bondi de plus de 25 % entre janvier et mai 2021).

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