Les Zambiens appelés aux urnes pour élire leur président


Un Zambien vote à Lusaka, lors de l’élection présidentielle, le 12 août 2021.

Les Zambiens doivent choisir, jeudi 12 août, leur président entre le sortant Edgar Lungu et son rival de toujours, Hakainde Hichilema, à l’issue d’une campagne tendue, centrée sur l’économie du premier pays africain à avoir fait défaut sur sa dette. Au petit matin, des centaines de personnes faisaient déjà la queue devant les bureaux de vote. A Matero, township à l’ouest de la capitale, Lusaka, des dizaines d’impatients pressaient un policier pour entrer dans la cour de l’école déposer leurs bulletins les premiers, a constaté l’AFP. Andrew Daka, 20 ans, qui vote pour la première fois, veut du « changement » : « On ne peut plus continuer comme ça », affirme-t-il.

Les deux principaux prétendants ont sillonné depuis mai le pays enclavé d’Afrique australe, riche en cuivre, en dépit d’une campagne limitée par les restrictions liées à la pandémie de Covid-19. Quatorze autres candidats sont en lice, mais la course se joue essentiellement entre MM. Lungu, 64 ans, et Hichilema, 59 ans, un homme d’affaires autodidacte et charismatique qui se présente pour la sixième fois. Le président Lungu a voté avec son épouse dans un quartier modeste du sud de Lusaka. « Les Zambiens sont prêts à voter et ils sont nombreux », a-t-il déclaré à sa sortie, applaudi par des poignées de partisans brandissant leur poing en l’air.

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La hausse du coût de la vie a érodé la base de soutien du président sortant, selon les sondages, et l’élection pourrait être plus serrée qu’en 2016, quand M. Hichilema, surnommé « HH », avait perdu d’un peu plus de 100 000 voix. M. Lungu, avocat de formation, est critiqué pour avoir emprunté de façon insoutenable, notamment auprès de créanciers chinois, pour financer une frénésie de projets d’infrastructures. L’inflation a grimpé à plus de 20 % sous sa présidence et, fin 2020, la Zambie est devenue le premier pays d’Afrique à se retrouver en défaut de paiement depuis l’apparition du coronavirus.

L’armée déployée

Des tensions ont éclaté à l’approche du vote, avec des violences sporadiques entre partisans du Front patriotique (PF, au pouvoir) et du Parti uni pour le développement national (UPND), de M. Hichilema, poussant le chef de l’Etat à déployer l’armée. L’opposition a dénoncé ce geste sans précédent en le qualifiant de tactique d’intimidation, ce que le PF dément. Le président s’est aussi montré de plus en plus dur à l’égard de l’opposition depuis son arrivée à la tête de l’Etat, en 2015, faisant craindre des tensions en cas de contestation des résultats, qui devraient être connus d’ici à dimanche soir.

Quelque 7 millions d’électeurs sont attendus aux urnes dans ce pays de 17 millions d’habitants. Outre le président, ils votent aussi pour les législatives et les municipales. Des observateurs locaux et internationaux seront disséminés dans les bureaux de vote. Le gouvernement a menacé de bloquer Internet si certains « colportent des fausses informations pouvant déstabiliser » l’élection. Les bureaux doivent fermer à 18 heures.

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Le gagnant doit obtenir plus de 50 % des voix pour éviter un second tour, ce que les observateurs jugent peu probable. MM. Hichilema et Lungu ont tous deux déclaré avec confiance s’attendre à une victoire. « Laissons le peuple zambien décider qui le dirigera », a déclaré « HH » à la veille du scrutin, réitérant ses promesses de redresser l’économie et appelant la commission électorale à garantir un scrutin « libre et équitable ». M. Lungu s’est dit certain d’obtenir 500 000 voix de plus que son rival, car « les gens me connaissent maintenant ».

Le Monde avec AFP



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