Entre Covid-19 et Brexit, le Royaume-Uni confronté à une pénurie de poulets


Devant un restaurant de la chaîne Nando’s, à Londres, le 18 août 2021.

On ne glousse pas dans les rangs. Le Royaume-Uni fait face à une pénurie de sa viande préférée : le poulet. L’affaire a commencé à s’ébruiter le 12 août quand la chaîne américaine de fast-food KFC, réputée pour son poulet frit, a annoncé que certains plats allaient sans doute manquer. « Il y a eu des perturbations ces dernières semaines », a-t-elle expliqué sur Twitter. La chaîne ne précisait pas exactement le problème, évoquant juste des emballages qui pourraient être différents ou des choix en moins dans le menu.

L’affaire a pris de l’ampleur mardi 17 août. Cette fois, la chaîne sud-africaine Nando’s, réputée pour son poulet rôti Peri-Peri – une sauce épicée – a été forcée de fermer une cinquantaine de restaurants, sur un total de plus de quatre cents. Un peu partout à travers le pays, elle ne parvenait plus à se fournir en volailles.

« Pénurie de main-d’œuvre »

Les éleveurs de poulets n’y sont pour rien. En revanche, l’ensemble de la chaîne logistique alimentaire britannique est fortement perturbée en ce moment. Nando’s évoque notamment « la pénurie de main-d’œuvre et les isolements provoqués par le Covid ».

Avec près de 30 000 contaminations par jour, la pandémie demeure à un niveau élevé au Royaume-Uni, et de nombreux cas contacts reçoivent l’ordre de s’isoler. Tout l’été, supermarchés, restaurants ou usines ont eu beaucoup de difficultés à gérer leur main-d’œuvre dans ce contexte. Néanmoins, depuis lundi, les personnes vaccinées qui sont cas contacts n’ont plus besoin de s’isoler, ce qui devrait grandement résoudre le problème.

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Mais le Brexit vient compliquer les choses. Beaucoup d’Européens, en particulier des pays de l’Est, travaillent dans les usines agroalimentaires. Au début de la pandémie, nombre d’entre eux sont rentrés dans leur pays d’origine pour y vivre le confinement. Les estimations varient, mais entre 500 000 et 1,3 million de migrants auraient quitté le Royaume-Uni. Combien sont revenus ? Personne ne le sait.

La situation est compliquée par l’entrée en vigueur du Brexit le 1er janvier : pour prendre un emploi outre-Manche, un Européen a désormais besoin d’un permis de travail (sauf à avoir obtenu un statut de résident permanent en amont). Selon l’Association britannique des volailles, 16 % des emplois du secteur ne sont actuellement pas pourvus. Ceux-ci sont généralement trop mal payés pour avoir le droit à un visa de travail sous le nouveau système d’immigration.

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