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En Lituanie, l’opposition russe débat de sa survie


Leonid Volkov, bras droit de l’opposant russe Alexeï Navalny, à Vilnius, le 2 mars 2021.

Venus de Londres, de Moscou ou résidant déjà en Lituanie, des opposants russes se sont retrouvés, jeudi 19 août, au bord d’un lac paisible dans la région de Trakai, à l’ouest de Vilnius. Presque un rituel, à vrai dire. Depuis 2014, le petit pays balte héberge l’exercice baptisé « Vilnius Russia Forum », au cours duquel la confidentialité des débats est requise et l’anonymat des participants préservé – sauf pour les plus aguerris. « Qu’est-ce que je risque à mon âge ? », soupire, en haussant des épaules, Evguenia Albats, 62 ans, rédactrice en chef en Russie de The New Times, un hebdomadaire indépendant visé en 2018 par une amende record de 22 millions de roubles (254 000 euros).

« Nous n’avons pas tant de plates-formes pour nous rencontrer et discuter », approuve Mikhaïl Khodorkovski, l’ex-oligarque russe aujourd’hui exilé à Londres après avoir passé dix ans en colonie pénitentiaire de 2003 à 2013, avant d’être gracié. Mais « la situation empire, poursuit le fondateur du mouvement d’opposition Open Russia et dont tous les sites Internet sont désormais bloqués en Russie. Vingt ans, c’est long [depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, en 2000], et nous devons éduquer toute une génération qui n’a connu qu’un régime autoritaire. »

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Passées les accolades des retrouvailles – la précédente version du forum avait eu lieu par visioconférence, pandémie de Covid-19 oblige –, l’amertume est en effet palpable, à peine contrecarrée par le volontarisme de leur hôte. « Le président Poutine use du privilège des dictateurs pour enfreindre les règles et tester les limites de la patience du monde. A notre tour, nous devons utiliser le privilège du monde démocratique pour discuter librement », déclare le ministre lituanien des affaires étrangères, Gabrielus Landsbergis, en ouvrant la rencontre par un dîner.

« Nous ne sommes pas des dissidents, pas un petit groupe » 

« Poutine est en train de nettoyer le pays », objecte un homme. L’assemblée en est une illustration, qui rassemble des « strates » de militants exilés depuis les grandes manifestations de l’hiver 2011-2012, jusqu’à celles, plus récentes, organisées en janvier et en avril en faveur de l’opposant Alexeï Navalny, emprisonné après une tentative d’empoisonnement, il y a tout juste un an, au Novitchok, un puissant agent neurotoxique. Présente aussi, une diplomate européenne expulsée de Moscou en 2018, après la tentative d’élimination – au Novitchok également – d’un ex-agent russe, Sergueï Skripal, au Royaume-Uni, affaire qui avait donné lieu à la plus grande valse de diplomates entre la Russie et l’Occident.

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