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l’image du président fêtant un anniversaire en plein confinement suscite l’indignation


Le président argentin Alberto Fernandez salue à côté de sa compagne, Fabiola Yanez, à Lima (Pérou), le 28 juillet 2021.

Les convives sont réunis, tout sourire, aux côtés du président argentin Alberto Fernandez (centre gauche) et de sa compagne, Fabiola Yanez, qui, en ce 14 juillet 2020, fête ses 39 ans à la résidence présidentielle d’Olivos, en banlieue nord de Buenos Aires.

Des restes du dîner en passant par le chien du chef de l’Etat saisi au passage, la photo publiée le 11 août a tout d’une banale scène domestique, à ceci près qu’elle a été prise en plein confinement, précipitant Alberto Fernandez dans un scandale. De nouveaux contenus de cette fête sans masque ni distanciation sociale – des vidéos de Fabiola Yanez soufflant sa bougie, publiées le mercredi 18 août – continuent d’ébrécher l’image du président, après un peu moins de deux ans d’un mandat marqué par la pandémie.

Point de cassure dans un pays fortement polarisé politiquement, les images choquent jusque dans les rangs des Argentins favorables au gouvernement.

Les habitants de Buenos Aires et de sa région – un tiers des 45 millions d’Argentins – traversaient, à la mi-juillet 2020, un isolement strict, décrété pour faire face à la pandémie de Covid-19 : la circulation des personnes était réservée aux cas exceptionnels, les commerces non essentiels fermés, tout comme les écoles, et les regroupements sociaux, à l’intérieur comme à l’extérieur absolument interdits. La capitale et son agglomération s’approchaient des quatre mois de confinement. Ces règles, assouplies à partir de septembre 2020, en ont fait l’un des isolements les plus longs au monde.

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« Que faisais-tu le 14 juillet ? » Sur les réseaux sociaux, les internautes ont retracé leur quotidien de l’époque, à mille lieux des fêtes d’anniversaire entre amis, certains racontant comment ils n’ont pas pu faire leurs derniers adieux à leurs proches décédés, les veillées funèbres étant alors interdites. Lundi, des proches des victimes de coronavirus ont laissé devant la Casa Rosada – le palais présidentiel, au cœur de la capitale – des pierres portant le nom des morts de la pandémie, afin de manifester leur mécontentement.

L’opposition demande un procès en destitution

« La colère et l’indignation générées par ce scandale affectent la légitimité du président. Cette photo marque un éloignement des citoyens et le projette dans une sorte de caste politique, au-dessus des lois, qui ne respecte pas ce qu’elle exige des autres », analyse Lucia Vincent, politiste et enseignante à l’université nationale de San Martin.

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