L’Allemagne en plein inconnu électoral


L’Allemagne en plein inconnu électoral
Les affiches de campagne de la CDU (à gauche), Die Linke (au centre) et des Verts (à droite), dans les rues de Berlin, le 26 septembre 2021.

JOHN MACDOUGALL / AFP

Réalisée par l’institut Forsa, une étude crédite le SPD de 23 % des voix et la CDU-CSU – parti de la chancelière Angela Merkel – de 22 %, suivis par les Verts (18 %), les libéraux-démocrates (FDP, 12 %), le parti d’extrême droite AfD (10 %) et le parti de gauche Die Linke (6 %). Un seul point d’écart, mais un point très symbolique : la dernière fois que les sociaux-démocrates ont devancé les conservateurs dans le baromètre Forsa, c’était en octobre 2006.

Bien sûr, ce n’est qu’un sondage. Mais à un mois des législatives, celui-ci est pris d’autant plus au sérieux qu’il confirme les deux grandes tendances mesurées ces dernières semaines en Allemagne : la chute brutale de la CDU-CSU et la forte remontée du SPD. Depuis fin juillet, la première a perdu 6 à 8 points dans les différents baromètres, alors que le second en a gagné entre 4 et 6.


Article réservé à nos abonnés

Lire aussi


En Allemagne, les ratés de campagne d’Armin Laschet, candidat à la succession d’Angela Merkel

Comment expliquer ces variations ? Pour Manfred Güllner, président de l’institut Forsa,

« le facteur principal est

l’image de plus en plus calamiteuse d’Armin Laschet

»

,

le candidat de la CDU-CSU à la chancellerie


. « Sur tous les grands sujets, il donne l’impression de louvoyer, de ne pas avoir d’idées claires, au risque de se contredire. Ce fut le cas sur le Covid-19, où il n’a cessé de zigzaguer par rapport à la ligne de fermeté défendue par Angela Merkel. C’est aujourd’hui le cas sur l’Afghanistan : après la prise de Kaboul par les talibans, il a déclaré qu’une situation comme celle de 2015 ne devait surtout pas se répéter, donnant le sentiment de condamner la politique de la chancelière pendant la crise des réfugiés – une politique qu’il avait pourtant ardemment défendue à l’époque »

, explique M. Güllner.

« Sérieux, sobriété, expérience »

Les faiblesses d’Armin Laschet font les affaires d’Olaf Scholz. Actuel ministre des finances et vice-chancelier, le candidat du SPD à la chancellerie est lui aussi un modéré au charisme peu affirmé. Mais, à la différence d’Armin Laschet, qui s’est notamment fait surprendre hilare, derrière le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, quelques jours après les inondations qui ont frappé la Rhénanie, mi-juillet, Olaf Scholz n’a commis aucun impair.

« A l’instar de Laschet, Scholz n’est pas un candidat charismatique. Mais contrairement à lui, il n’a pour l’instant commis aucune erreur. Sérieux, sobriété, expérience : face à un Laschet qui donne souvent l’impression d’un certain dilettantisme, c’est sur ces trois qualités que mise Olaf Scholz pour se faire élire chancelier »

, analyse Jürgen Falter, professeur de science politique à l’université de Mayence.


Il vous reste 71.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *