Les Etats-Unis et Israël dans « un nouvel esprit » de coopération


Le premier ministre israélien, Naftali Bennett, lors d’une rencontre avec le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, à l’hôtel Willard à Washington, le mercredi 25 août 2021.

La crise afghane a tout bouleversé. Les attentats commis à Kaboul ont entièrement accaparé Joe Biden, dans la matinée du 26 août, l’obligeant à reporter à vendredi son rendez-vous avec Naftali Bennett. La visite du premier ministre israélien était pourtant très attendue. En raison de l’épidémie de Covid-19, peu de dirigeants étrangers ont eu l’occasion de voir le président américain à la Maison Blanche, à l’instar de la chancelière Angela Merkel ou du roi Abdallah II de Jordanie, en juillet. Mais c’est surtout l’étroitesse de la relation stratégique entre les Etats-Unis et Israël et l’entrée de ce dernier dans l’ère post-Nétanyahou qui donnaient à la rencontre une dimension historique. D’autant que Joe Biden ne connaît pas personnellement Naftali Bennett.

Le premier ministre israélien comptait proposer « un nouvel esprit » de coopération à Washington. Sur le fond, en revanche, aucune surprise n’était attendue. Le principal sujet de divergence concerne l’Iran et son programme nucléaire. Les Etats-Unis espèrent toujours une revitalisation de l’accord sur le nucléaire de l’Iran (JCPoA), dont ils s’étaient retirés sous la présidence Trump, ce qui suscite l’hostilité d’Israël.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Etats-Unis : Joe Biden opère un tri risqué dans ses priorités internationales

Mais les discussions entre diplomates des pays signataires, conduites à Vienne, ont été interrompues début juin à la demande de Téhéran, en raison de l’élection présidentielle, qui a vu la victoire de l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi. L’Iran ne s’est pas encore engagé sur une date de reprise des négociations. Or, plus le temps file, et plus les chances de succès s’éloignent, tandis que le programme nucléaire avance. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé que l’Iran avait produit pour la première fois de l’uranium métal enrichi jusqu’à 20 % et avait augmenté sa capacité de production d’uranium enrichi jusqu’à 60 %. Il s’agit de violations graves de ses propres engagements. Mais Washington n’est pas encore prêt à acter l’échec de l’effort conduit à Vienne.

« Attenuer les risques »

« Les sanctions n’ont pas eu l’effet sur l’Iran que Trump et Nétanyahou attendaient, reconnaît un diplomate israélien. Bennett cherche à souligner le changement de cap très négatif à Téhéran avec l’élection de Raïssi en juin. » Le premier ministre israélien veut éviter, contrairement à Benyamin Nétanyahou, des coups d’éclat publics dans ce dossier. Mais il défend la marge de manœuvre militaire de son pays, soupçonné de plusieurs opérations de sabotage d’une grande audace contre le programme nucléaire iranien. Selon le New York Times jeudi, le Mossad israélien avait prévenu ses homologues américains, en avril, seulement deux heures avant le déclenchement d’explosifs dans la centrale de Natanz.

Il vous reste 53.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *