Après la COP26, un bénéfice politique faible pour Boris Johnson


Le premier ministre britannique, Boris Johnson, lors d’une conférence de presse à la COP26, le 10 novembre à Glasgow (Ecosse).

De la COP26, on retiendra évidemment le Glasgow Climate Pact, un accord décevant, comportant de vraies avancées (l’attention portée aux pertes et dommages entraînés par le réchauffement, un rendez-vous fixé dès fin 2022 pour améliorer les réductions d’émissions), mais pas assez d’audace ou de clarté, selon les ONG et les pays les plus vulnérables, sur les finances ou la sortie nécessaire des combustibles fossiles. On retiendra aussi la présence, dans les couloirs de la conférence et les rues de Glasgow (Ecosse), des représentants des peuples indigènes et des pays aux avant-postes du changement climatique, déterminés à peser sur les discussions.

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On retiendra, enfin, samedi 13 novembre, à l’issue de deux semaines de négociation marathon, l’émotion difficilement contenue d’Alok Sharma, le président de la COP26, quand la délégation indienne (soutenue par la chinoise) a obtenu, in extremis, d’affaiblir le texte final sur l’abandon des énergies fossiles. « Je suis profondément désolé pour la manière dont cette discussion s’est déroulée. Je comprends la profonde déception, mais il est vital que nous maintenions cet accord en vie », a déclaré le Britannique, la voix brisée. Plus tard dans la soirée, l’ex-ministre de l’industrie de Boris Johnson a reconnu à quel point la COP était encore loin du compte : « Nous avons maintenu en vie l’objectif [d’un réchauffement limité] à 1,5 °C, mais son pouls est faible.»

Sommet hors normes

Lucide, discret, tenace : M. Sharma s’est en tout cas fait un nom à Glasgow. Avant d’être désigné à ce poste par Boris Johnson, ce politique de 54 ans d’origine indienne a occupé plusieurs fonctions ministérielles (au logement, à l’emploi, au développement international), mais il n’était jusqu’à présent pas considéré, dans les médias nationaux, comme une étoile montante du Parti conservateur – contrairement à Liz Truss, l’actuelle ministre des affaires étrangères, ou à Rishi Sunak, le chancelier de l’Echiquier. Son implication, ces dix-huit derniers mois en amont de la conférence, la pression qu’il a maintenue durant toute la COP26 pour aboutir à un accord malgré le manque d’engagement des Etats-Unis, de la Chine ou de la Russie et la perte de confiance des pays les plus pauvres, lui ont cependant valu de chaleureux applaudissements samedi à Glasgow.

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La présidence britannique de ce sommet hors normes – par le nombre des participants et les attentes qu’elle a suscitées – a été jugée efficace malgré les ratés organisationnels (les files d’attente pour entrer dans la conférence) mis par Londres sur le compte de la pandémie du Covid-19. Bien pensée, la chorégraphie de la conférence (un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement au tout début, des annonces sectorielles tous les jours suivants) a maintenu l’attention médiatique et la pression sur les négociateurs. Tout comme le slogan trouvé par le gouvernement britannique un peu en amont de la conférence (« Coal, Cash, Cars and Trees », « charbon, finances, voitures et arbres »), fixant les priorités du pays pour la COP26.

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