Au Kenya, Antony Blinken appelle à la vigilance contre les menaces visant la démocratie


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Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a entamé sa tournée africaine par une visite au Kenya. Il a appelé mercredi les pays africains à rester vigilants face aux menaces pesant sur la démocratie. 

En ouverture de sa tournée africaine mercredi 17 novembre au Kenya, Antony Blinken, le secrétaire d’État américain, a appelé les Africains à rester vigilants face aux menaces croissantes contre la démocratie. Il devrait également évoquer le conflit qui ravage l’Éthiopie voisine.

Avant une réunion avec le président kényan Uhuru Kenyatta, Antony Blinken s’est entretenu mercredi matin avec des responsables de la société civile kényane, avec qui il a évoqué la manière d’empêcher les « mauvais joueurs » de mettre à l’épreuve les institutions démocratiques.

« Nous avons assisté au cours de la dernière décennie à ce que certains appellent une récession démocratique », a-t-il déclaré lors de cette rencontre, à laquelle participaient notamment des défenseurs des droits, un observateur d’élections et un dirigeant syndical.

Démocratie, Covid-19 et changement climatique

« Même les démocraties dynamiques comme le Kenya subissent des pressions, en particulier au moment des élections », a souligné le chef de la diplomatie américaine.

« Nous avons vu ici les mêmes défis que ceux que nous voyons dans de nombreuses régions du monde : désinformation, violence politique, intimidation des électeurs, corruption d’électeurs », a-t-il ajouté.

Cette tournée africaine, qui le mènera ensuite au Nigeria et au Sénégal, est centrée sur les thèmes de la démocratie, du changement climatique et du soutien aux efforts africains pour lutter contre le Covid-19.

Conflit au Tigré

Mais ce voyage sera aussi l’occasion d’aborder les tentatives de résolution pacifique de la guerre qui ravage l’Éthiopie depuis plus d’un an.

Ces dernières semaines, face à une récente escalade du conflit entre l’armée fédérale et les rebelles de la région du Tigré, les États-Unis ont multiplié les appels à la fin des hostilités et à des discussions.

Les États-Unis ont critiqué l’Éthiopie et pris des sanctions contre cet allié de longue date, dénonçant des violations des droits de l’Homme et les entraves à l’acheminement d’aide alimentaire au Tigré, où la famine menace des centaines de milliers de personnes.

Au Kenya, Antony Blinken appelle à la vigilance contre les menaces visant la démocratie

Le secrétaire d’État américain a reconnu que les menaces à la démocratie pèsent aussi sur les États-Unis, où une foule de partisans de Donald Trump, alors président sortant, a pris d’assaut le Capitole à Washington le 6 janvier, dans le but de renverser le résultat des élections qui ont porté Joe Biden à la Maison Blanche.

« Nous avons vu à quel point notre propre démocratie peut être fragile », a-t-il déclaré.

Les élections au Kenya sont régulièrement marquées par des violences meurtrières.

Le pays doit tenir sa présidentielle en août 2022 et ce scrutin porte « tous les signes d’une élection très contestée et violente », a mis en garde Irungu Houghton, le directeur exécutif d’Amnesty International au Kenya, qui a participé à la rencontre avec Antony Blinken.

Irungu Houghton a appelé à s’assurer que le président Kenyatta « n’utilise pas comme une arme » la police, la justice et d’autres institutions.

Si le président Kenyatta, qui s’est rendu dimanche à Addis-Abeba, est un partenaire important dans la résolution de la crise éthiopienne, « il est important que l’Amérique continue d’être vigilante, attentive et engagée et ne donne pas un blanc-seing au Kenya », a déclaré Irungu Houghton.

Influence croissante de la Chine

L’Afrique est le dernier continent visité par Antony Blinken depuis sa prise de fonctions, bien que le président Biden se soit engagé à prêter une attention particulière à l’Afrique, se démarquant de son prédécesseur Donald Trump.

Joe Biden a promis des actions pour promouvoir mondialement les valeurs américaines face à l’influence croissante de la Chine, qui multiplie les investissements sur le continent et se montre moins regardante sur les pratiques politiques.

Symbole de cette présence chinoise, le cortège d’Antony Blinken a traversé Nairobi près d’une voie express en construction, financée par Pékin, et le secrétaire d’État américain doit rencontrer la ministre kényane des Affaires étrangères, Raychelle Omamo, dans un hôtel dont une salle de conférence est réservée par la chambre de commerce Kenya-Chine.

Antony Blinken se rendra jeudi au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, dont les autorités sont critiquées par Washington pour leur attitude envers les droits humains, notamment lors de la répression policière d’un important mouvement de contestation en octobre 2020.

Il ira ensuite au Sénégal, considéré comme un exemple de stabilité démocratique en Afrique.

Avec AFP



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