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l’Allemagne peine à élaborer sa réponse à la forte reprise épidémique


L’unité de soins intensifs Covid-19 de l’hôpital de Freising, près de Munich, dans le sud de l’Allemagne, le 16 novembre 2021.

Jusqu’à présent, Michael Kretschmer n’était pas du genre à jouer les Cassandre. Au contraire. En octobre 2020, quand la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 commença à déferler sur l’Allemagne, le ministre-président de Saxe avait affirmé qu’il ne fallait pas « inquiéter la population » ni céder à « l’hystérie ». Un an plus tard, son ton a radicalement changé : « La vague à venir va éclipser toutes les vagues précédentes et faire plus de victimes qu’il n’y en a jamais eu », a-t-il déclaré, lundi 15 novembre, au quotidien Bild.

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Avec un taux d’incidence qui avoisine les 800 cas pour 100 000 habitants, la Saxe est aujourd’hui le Land le plus touché d’Allemagne. Mais, dans le reste du pays, la situation se dégrade à une vitesse impressionnante. Mercredi 17 novembre, la barre des 50 000 contaminations en vingt-quatre heures a été franchie pour la première fois depuis le début de l’épidémie, a annoncé l’Institut de santé publique Robert-Koch.

14% de lits restant en soins intensifs

Dans les hôpitaux, le nombre de malades du Covid-19 en soins critiques monte en flèche : lundi, ils étaient 3 200, presque 1 000 de plus qu’une semaine plus tôt. A l’échelle nationale, il ne reste plus que 14 % de lits disponibles dans les services de soins intensifs. Dans le sud du pays, en particulier en Bavière, le taux d’occupation est déjà de 100 % dans certains hôpitaux.

Malgré ces chiffres qui s’emballent, une semaine aura été nécessaire pour organiser une « réunion de crise » entre le gouvernement fédéral et les dirigeants des 16 Länder. Annoncée le 11, celle-ci aura lieu jeudi 18 novembre, le même jour que l’examen, par le Bundestag, d’une nouvelle mouture de la loi « de protection contre les maladies infectieuses ». Parmi les décisions attendues : le retour au télétravail, le dépistage systématique des personnels et des visiteurs dans les maisons de retraite, l’application de la règle dite « des 3G » (« vacciné, guéri ou testé ») dans les transports publics et la généralisation de l’interdiction de certains lieux (restaurants, cinémas, théâtres, etc.) aux personnes non vaccinées, déjà en vigueur dans une poignée de régions depuis quelques jours.

Des scientifiques très critiques

Avant même leur mise en œuvre, ces mesures sont jugées insuffisantes par la plupart des experts. Dans une lettre ouverte publiée samedi, une trentaine d’éminents scientifiques de différentes disciplines (virologues, épidémiologistes, médecins urgentistes) ont qualifié d’« incompréhensible » le fait que « les responsables politiques [aient] mis le pays dans une telle situation », leur reprochant de les avoir ignorés quand ils ont commencé à tirer la sonnette d’alarme, vers la fin de l’été, et d’avoir agi de façon « hésitante, par demi-mesures, et de façon non conséquente ».

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