une partie de l’Autriche retourne en confinement général


Contrôle des certificats de vaccination à l’entrée d’un magasin, à Vienne, le 16 novembre 2021.

Le « confinement des non vaccinés » a fait long feu, voici le retour du confinement traditionnel. Dans un mouvement de panique, deux régions autrichiennes particulièrement touchées par la quatrième vague de Covid-19 ont annoncé, jeudi 18 novembre, qu’elles allaient réintroduire un confinement général de leur population la semaine prochaine, une première en Europe depuis le printemps. « La dynamique des contaminations n’est pas tenable », a justifié Wilfried Haslauer, gouverneur (Parti populaire autrichien, ÖVP, conservateur) du Land de Salzbourg, où le taux d’incidence sur sept jours a dépassé les 1 700 cas pour 100 000 habitants.

Comme dans la Haute-Autriche voisine, ce nouveau confinement devrait « durer trois ou quatre semaines minimum », avec l’espoir de rouvrir « pour Noël ». Sur le modèle des confinements précédents dans la république alpine, aucune attestation de déplacement ne sera nécessaire, mais les habitants sont appelés à rester chez eux sauf pour aller travailler ou faire leurs achats essentiels. Ils conserveront aussi le droit de prendre l’air. L’ensemble des commerces non essentiels, à commencer par les restaurants et les hôtels, seront fermés. Les deux régions demandent aussi aux parents de retirer leurs enfants des écoles en brandissant les taux de contamination considérables chez les plus jeunes. « Nous avons un taux d’incidence de 4 500 chez les moins de 10 ans, ils se contaminent et ramènent le virus à la maison ! », a dénoncé M. Haslauer.

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Cette décision de la région de Salzbourg et de la Haute-Autriche pourrait être étendue vendredi à l’ensemble du pays, à la demande de nombreux experts, et des écologistes qui siègent au gouvernement. Elle intervient seulement quatre jours après l’entrée en vigueur du « confinement des non-vaccinés » innovation autrichienne qui devait à la fois pousser les réticents à se faire vacciner et réduire les contaminations. Difficile à contrôler et de facto peu appliquée, la mesure a été critiquée de toute part ces derniers jours : par l’extrême droite pour son côté discriminant, et par la gauche et les écologistes qui l’estimaient insuffisante face à la courbe ascendante des personnes hospitalisées en soins intensifs. Les deux régions, qui comptent la plus forte proportion de non-vaccinés du pays, affichent déjà un taux d’occupation des lits supérieurs à ceux de l’hiver dernier.

Echecs vaccinaux

Sous la pression des mesures et de l’épidémie, le nombre de vaccinés a certes légèrement progressé ces derniers jours, mais il reste toujours tout juste dans la moyenne européenne, avec 65,6 % de l’ensemble de la population ayant reçu deux doses, contre 74,9 % en France. « Nous ne pouvons pas attendre que les mesures produisent des effets », a estimé M. Haslauer, à l’unisson des experts qui estiment que les progrès de la campagne vaccinale se feront sentir désormais sentir trop tard pour stopper la vague actuelle. L’Autriche débat par ailleurs toujours de la façon d’obliger son personnel de santé à se faire vacciner, un tabou dans ce pays où les enfants ne sont soumis à aucune obligation vaccinale et où l’extrême droite tient un discours antivax.

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