ces pays qui ont ramené le délai de la dose de rappel à 5 mois


Un Conseil de défense sanitaire se tenait ce mercredi matin à l’Elysée. L’extension de la dose de rappel du vaccin anti-Covid pour faire face à la 5e vague en cours est évoquée depuis plusieurs jours. Mais le délai de six mois entre la dernière injection et cette inoculation supplémentaire interroge.

L’épidémie de Covid-19 flambe de nouveau dans l’Hexagone, avec notamment 30.454 nouvelles infections entre lundi et mardi, et l’exécutif doit annoncer de nouvelles mesures sanitaires pour faire face à la menace. Un Conseil de défense sanitaire a d’ailleurs été organisé dans la matinée à l’Elysée. Si l’idée de restaurer le couvre-feu ou une forme de confinement semble pour l’heure exclue, l’extension de l’accès à la dose de rappel de vaccin est dans toutes les têtes. Car on le sait, malgré deux doses, l’efficacité du sérum décline au fil des mois.

La campagne, ouverte aux séniors et aux personnes immunodéprimées depuis le 1er septembre, s’apprête déjà à embrasser les individus de plus de 50 ans. De son côté, la HAS préconise une dose de rappel dès 40 ans.

Problème: les Français éligibles à cette piqûre supplémentaire demeureront peu nombreux si le délai minimum de six mois (trois mois dans le cas des personnes immunodéprimées) entre la dernière inoculation et le rappel est maintenu. Mais cet intervalle de temps n’est pas gravé dans le marbre comme le montre l’exemple des pays ayant déjà fait le choix de l’abaisser afin d’accroître le nombre de bras disponibles.

Un critère qui restreint le nombre de bras éligibles dans l’Hexagone

Dans les conditions actuelles – c’est-à-dire en se restreignant à la population âgée de 65 ans et plus ou immunodéprimée -, la France avait déjà administré 5.293.000 doses de rappel entre le début de la campagne, au 1er septembre et le 20 novembre L’arrivée des quinquagénaires parmi les « vaccinables » à compter du 1er décembre devrait encore agrandir ce peloton.

Toutefois, la nécessité de respecter un délai de six mois entre l’ultime injection et cette nouvelle dose limite de fait le nombre de personnes concernées. Une question aiguë et qui le sera davantage à l’approche de Noël, s’il s’agit de sauver les festivités de fin d’année et épargner de nouvelles restrictions.

Diminuer l’attente entre les deux opérations de six à cinq mois changerait toutefois la donne. Le Parisien a ainsi calculé mardi qu’abaisser le seuil de six à cinq mois ferait passer la population française éligible au rappel de 10,7 millions (au tournant de décembre) à 17,2 millions. Et tandis que certains pays parlent d’accélérer les choses, d’autres ont déjà sauté le pas. En Israël, en Italie et à Singapour, il n’est plus nécessaire de patienter cinq mois avant de recevoir la troisième dose.

Le boost israélien dès la fin août

Comme sur nombreux aspects depuis le début de la bataille mondiale contre la pandémie, Israël a essuyé les plâtres sur ce point. Après avoir fait le choix d’ouvrir sa campagne à l’ensemble de la population, enfants compris, l’Etat hébreu a décidé de « booster » son calendrier vaccinal.

Dès la fin du mois d’août, comme en témoignaient Les Echos, il a ainsi ramené le délai à cinq mois. « Aujourd’hui, nous élargissons la possibilité de recevoir le booster, la 3e dose du vaccin, à toute la population, à condition que cinq mois se soient écoulés depuis l’injection de la seconde dose », déclarait alors Nachman Ash, directeur général du ministère de la Santé.

L’angoisse des spécialistes locaux a sans doute motivé la classe politique. « L’efficacité du vaccin Pfizer diminue après cinq mois. Lorsque l’immunité s’étiole et qu’un variant contagieux circule, c’est un désastre », a ainsi noté le professeur Gabi Barbash, médecin auprès de l’Institut Weizmann auprès de l’AFP le 9 novembre dernier. D’après cet article paru dans Times Of Israel, plus de quatre millions d’Israéliens avaient reçu leur rappel au 10 novembre.

Il faut dire que ces fameux six mois ont quelque chose d’arbitraire, comme le montre l’oscillation des chiffres. Ainsi, dans son dernier avis du 18 novembre, la Haute Autorité de Santé, qui recommande toujours officiellement le maintien de ces 24 semaines d’expectative, a pourtant observé que « six mois après la vaccination, l’efficacité contre l’infection varie entre 30 à 70 % selon les études ».

L’Italie choisit aussi les cinq mois

C’est d’ailleurs en s’appuyant sur un avis de ses autorités sanitaires que l’Italie a basculé vers les cinq mois. Lundi, Roberto Speranza, le ministre de la Santé, a publié sur sa page Facebook: « La dose de rappel est cruciale pour mieux nous protéger et ceux qui sont à nos côtés. Après le dernier avis d’AIFA (l’Agence du médicament, NDLR), il sera possible de le faire à cinq mois après la fin du premier cycle. Vaccinons-nous tous pour être plus forts ».

Singapour rejoint le groupe

Une cité-Etat s’est engagée dans la même voie. En effet, à Singapour, le délai obligatoire entre la deuxième dose et le rappel tombe à cinq mois à compter de ce mercredi, comme l’a annoncé le ministère de la Santé dirigé par Ong Ye Kung, cité ici par Strait Times.

D’après le site d’information, cette décision permet d’envisager le renforcement de la vaccination de la moitié de la population locale d’ici la fin de l’année. La gageure est toutefois moins grande qu’en France ou dans les autres pays précédemment mentionnés, Singapour ne comptant que six millions d’habitants environ.

Le cas du patient anglais

Enfin, un dernier exemple se rapproche davantage de la situation française. Le Royaume-Uni tergiverse également. La presse note toutefois qu’il est de plus en plus question d’un abaissement du seuil entre les piqûres dans les hautes sphères du pouvoir. Les dirigeants s’en remettent à ce stade à l’éclairage de leurs autorités sanitaires.

« Si elles nous donnent ce conseil, notre boulot sera de faire ce qu’ils nous disent. Mais pour le moment, on en reste à six mois », a lâché la ministre de la Santé Gillian Keegan à Sky News le 22 octobre. Sur son site, The Evening Standard a fait les comptes: passer de six à cinq mois d’attente reviendrait à ouvrir la campagne de rappel à neuf millions de personnes de plus, doublant la population éligible.

De toute façon, la règle des six mois ne tient déjà plus de la loi d’airain en France. Des centres de vaccination voient affluer d’impatients patients venus anticiper leur dose supplémentaire. « En règle général, les patients non-éligibles qui viennent, nous ne les laissons pas repartir et nous les vaccinons », a admis le docteur Alain Assouline, responsable du centre de vaccination de Saint-Mandé, auprès de BFMTV mardi.

Robin Verner

Robin Verner Journaliste BFMTV



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