En Autriche, les Viennois font preuve de fatalité face au retour du confinement


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Publié aujourd’hui à 04h29

Les huttes du marché de Noël installé sur la Rathausplatz de Vienne ont toutes baissé le rideau à l’annonce de ce nouveau confinement.

Sur la place de l’Hotêl de Ville de Vienne, le traditionnel marché de Noël où se pressent d’habitude des milliers de touristes en cette saison est désert. Les petites huttes en bois ont baissé le rideau, les pigeons se disputent les dernières miettes de la fête. « C’est dur », ne cache pas Doris Tabor, affairée à remballer ses pains d’épices en forme de cœur qu’elle débitait encore quelques jours plus tôt à la chaîne. « Je vends des denrées périssables et je venais de faire le plein, maintenant il faut que je sorte tout, au cas où les souris viendraient les manger », se plaint la commerçante de 54 ans.

Tous les marchés de Noël de la capitale autrichienne ont subitement fermé pour trois semaines, lundi 22 novembre, sur ordre du gouvernement écolo-conservateur qui a décidé d’imposer un nouveau confinement dans ce pays de 8,9 millions d’habitants. Durement frappée par la quatrième vague de Covid-19 avec un taux d’incidence dépassant les 1 000 cas sur 7 jours, l’Autriche a été le premier pays de l’Union européenne à prendre une mesure aussi radicale depuis le printemps. Elle vient d’être suivie mercredi 24 novembre par la Slovaquie voisine. Ces deux pays ont en commun un taux de vaccination inférieure à la moyenne européenne.

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Doris Tabor, vendeuse de pains d’épices à Vienne dont elle doit se débarrasser, déplore la perte de ces denrées périssables.

Reconfinée, la cité des Habsbourg a brusquement retrouvé la léthargie de l’hiver dernier : tous les commerces non essentiels ont baissé le rideau et les touristes ont décampé du centre-ville. « Le gouvernement n’avait pas trop le choix, il y a trop de gens non vaccinés », déplore Mme Tabor, qui elle-même a reçu deux doses et ne cache pas « être énervée » contre les près de deux millions d’adultes autrichiens qui refusent toujours la vaccination. « Il y a des gens qui ont besoin de soins urgents et qui n’auront pas les soins qu’ils méritent car les lits sont occupés par des non-vaccinés », rappelle-t-elle. « Cela ne tiendrait qu’à moi, je leur tirerai dessus avec des seringues », lance, un peu plus loin, encore plus énervé, Bernhard qui est venu remballer des marchandises de son stand de décorations de Noël.

La règle des 2G bien respectée

Ici, la vaccination fait l’unanimité, d’autant que le marché de Noël appliquait depuis son ouverture la règle dite des « 2G » pour « geimpft » (vacciné) ou « genesen » (guéri). En vertu du « confinement des non vaccinés » qui avait été décrété le 15 novembre, un simple test, toujours gratuit en Autriche, ne suffisait en effet plus pour venir s’abreuver en vin chaud, le loisir favori des Autrichiens en cette saison. « Cela marchait bien, il y avait des contrôles à l’entrée », assure Mme Tabor. Mais malgré cela, la hausse fulgurante du nombre de patients en soins intensifs – 578 au 24 novembre, à plus de 80 % non vaccinés – a poussé le gouvernement à étendre le confinement sans attendre.

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