En Allemagne, la vague du Covid-19 reporte encore la reprise


La centrale électrique du siège de Volkswagen, à Wolfsburg, en Basse-Saxe, en mars 2021.

C’est un chiffre qui tonne le tournis, et qui en dit long sur la crise de conjoncture qui touche actuellement l’Allemagne : selon le journal Die Zeit, citant des sources internes à l’entreprise, la grande usine historique Volkswagen de Wolfsburg, en Basse-Saxe, a tant réduit sa production qu’elle pourrait tomber à son niveau de… 1958. En 2021, elle pourrait produire moins de 400 000 véhicules, soit moins encore qu’en 2020, l’année où la pandémie et l’arrêt des livraisons avaient forcé les chaînes de montage à cesser de tourner. Cette fois, la cause du ralentissement est essentiellement liée à la pénurie de semi-conducteurs, réservés en priorité aux modèles de luxe du groupe automobile – Audi et Porsche.

Les « goulets d’étranglement », ces difficultés d’approvisionnement en biens intermédiaires comme les puces ou les matières premières, affectent profondément l’industrie allemande. A ce problème s’ajoutent les nouvelles restrictions pour lutter contre la vague actuelle de la pandémie, qui touchent les commerces au moment de Noël, la période la plus active. Un cocktail désastreux pour l’économie du pays. A tel point que l’IFO, l’institut économique de Munich, a baissé, mardi 14 décembre, sa prévision de croissance pour 2022 : la progression du PIB allemand ne viendra qu’au printemps, elle devrait atteindre 3,7 %, après 2,5 % en 2021. C’est une forte correction à la baisse. L’institut prévoyait jusqu’ici une croissance de 5,2 % en 2022.

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L’activité devrait se contracter de 0,5 % entre octobre et décembre par rapport au trimestre précédent, et stagner début 2022. Dans de nombreux commerces, l’accès n’est plus autorisé qu’aux personnes vaccinées ou guéries, ce qui impose des contrôles à l’entrée et décourage souvent les visiteurs. Beaucoup de restaurants restent à moitié vide. Le nombre d’infections au Covid-19, même s’il a amorcé un léger reflux, reste à un haut niveau et pèse sur la vie économique, en particulier dans les régions les moins vaccinées comme la Saxe, la Thuringe et le Brandebourg. Actuellement, 420 personnes décèdent quotidiennement de la maladie.

L’inflation devrait augmenter en 2022

L’espoir nourri ces derniers mois de voir les effets économiques de la pandémie toucher à leur fin cet automne est de nouveau reporté. « Nous tablons sur le fait que le rythme d’infection va rester dynamique jusqu’à la fin de l’hiver, ce qui va affecter la consommation car les gens vont spontanément s’abstenir d’aller dans des lieux fréquentés », estime Timo Wollmershäuser, chef du département conjoncture à l’IFO. « A l’été 2022, le reflux de la vague du Covid-19 et la fin progressive des goulets d’étranglement devraient libérer une forte reprise », assure l’économiste.

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