« Populaire, savoureuse, autrichienne », la « boule de Mozart » menacée par le Covid-19


Un magasin vendant les traditionnelles Mozartkugeln, fermé en raison de la propagation du coronavirus, à Salzbourg (Autriche), en mars 2020.

LETTRE DE VIENNE

Quel touriste de passage dans la capitale autrichienne n’est pas reparti avec son paquet ? Avec son cœur de pâte d’amande entouré de nougat, le tout enrobé de chocolat, la Mozartkugeln – traduisible en français par le disgracieux « boule de Mozart » – est probablement la sucrerie la plus célèbre d’Autriche, avec le Manner, cette gaufrette noisette et chocolat un peu trop sèche. Originaire au départ de Salzbourg, la ville de Mozart, on la trouve dans tout le pays, à commencer par l’aéroport de Vienne, où c’est le meilleur cadeau de dernière minute des voyageurs pressés.

Mais, du haut de ces 130 ans, la Mozartkugeln traverse une crise inédite. Celle-ci s’appelle Covid-19. Le 29 novembre, le plus gros fabricant de boules de Mozart d’Autriche, l’usine Salzburg Schokolade de Grödig, au sud de la ville, a fait faillite. Dans une lettre envoyée à ses 140 employés, le patron, Christian Schügerl, met en avant l’épidémie et « la baisse massive du nombre de touristes, d’événements et de célébration tels que les fêtes d’anniversaire et de mariage » pour expliquer une chute de la demande de ces chocolats produits d’habitude à 90 millions d’unités par an et exportés dans le monde entier.

Les confiseries « boules de Mozart », ou Mozartkugeln.

Selon les documents présentés au tribunal du commerce, le chiffre d’affaires a plongé de près de 30 millions d’euros en 2019 à un peu plus de 20 millions en 2020. « Et nous n’avons pu que partiellement compenser cette année cette baisse significative en raison de la pandémie de Covid », constate le patron. Sans compter, ajoute-t-il, dans le bref et seul communiqué envoyé à la presse avant de refuser les demandes d’interview, « les augmentations considérables des coûts des matières premières, des matériaux d’emballage, de l’énergie, des salaires, des coûts logistiques… ».

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Sauver « la boule la plus célèbre du monde »

La boule de Mozart souffre de son principal succès : le tourisme. Dans un pays qui a décidé d’imposer en novembre un nouveau confinement, les visiteurs ont déserté, alors même que la saison hivernale est cruciale aussi bien pour les pistes de ski que pour les célèbres marchés de Noël de Vienne, où les Mozartkugeln sont un des principaux produits d’appel sur les étals. Ceux-ci ont bien rouvert depuis le 13 décembre, mais avec passe vaccinal obligatoire et ambiance morose. La fréquentation est loin d’être au rendez-vous et beaucoup d’hôtels de la capitale n’ont même pas pris la peine de rouvrir pour les fêtes. « On a à peine entre un tiers et un quart des clients de 2019 », s’est aussi plaint Matthias Winkler, le patron des célèbres cafés Sacher, connus pour leurs gâteaux au chocolat, eux aussi surtout prisés par les touristes.

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