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Au Sri Lanka, un homme tué par la police lors de manifestations antigouvernementales


Des manifestations spontanées se sont déroulées dans l’ensemble du Sri Lanka, le 19 avril 2022, alors que  l’île traverse sa plus grave crise économique depuis son indépendance en 1948, avec de graves pénuries de biens essentiels et des coupures d’électricité régulières.

Un homme a été tué, mardi, par la police sri-lankaise en marge d’une nouvelle protestation antigouvernementale, alors que l’île traverse, depuis plusieurs semaines, sa plus grave crise économique depuis son indépendance en 1948. Vingt-quatre personnes ont également été blessées lors de ces manifestations, ont annoncé des responsables.

La police a tiré à balles réelles contre un groupe qui bloquait une autoroute à Rambukkana, dans le centre du pays, pour protester contre les pénuries aiguës de pétrole et les prix élevés, ont déclaré des responsables de l’hôpital et de la police. « Un homme est mort de blessures par balle », a déclaré à l’AFP un responsable de l’hôpital, par téléphone.

Seize autres manifestants ont été blessés, dont huit ont dû être opérés d’urgence, tandis que huit policiers ont également été blessés.

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Manifestations spontanées dans toute l’île

Au Sri Lanka, d’énormes manifestations ont appelé à la démission du gouvernement qui se prépare à négocier un renflouement urgent avec le Fonds monétaire international, dont il cherche à obtenir de trois à quatre milliards de dollars. Le pays a annoncé, le 12 avril, faire défaut sur sa dette extérieure de 51 milliards de dollars. Le gouvernement a besoin de dollars, afin de pouvoir financer ses importations de carburant, entre autres produits essentiels.

Mardi, des manifestations spontanées ont éclaté dans toute l’île où, selon la police et les autorités locales, des dizaines de milliers d’automobilistes en colère ont incendié des pneus et bloqué des routes pour protester contre la pénurie de carburant et la hausse des prix. Le principal distributeur de carburant du pays, Ceylon Petroleum Corporation (CPC), a ainsi augmenté ses tarifs de 64,2 %, et le distributeur privé Lanka IOC, qui représente un tiers du marché du carburant, de 35 %.

Ces manifestations d’automobilistes ont eu lieu parallèlement à celle qui se déroulait à Colombo, pour la 11e journée d’affilée, appelant à la démission du président Gotabaya Rajapaksa, en raison de l’aggravation de la crise économique.

Les médecins du principal hôpital pour enfants du pays ont également manifesté, mardi, devant l’établissement pour réclamer des médicaments et du matériel médical.

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Les ressortissants sri-lankais expatriés appelés à faire des dons

Pour tenter de désamorcer la crise, le président Rajapaksa a nommé, lundi, un nouveau gouvernement, dont deux de ses frères et un neveu ont été écartés. Il a toutefois maintenu son frère aîné et chef du clan, Mahinda Rajapaksa, au poste de premier ministre.

Des dizaines de députés de la coalition de Rajapaksa ont changé de camp et pris place, mardi, sur les bancs de l’opposition au Parlement.

« Les gens souffrent à cause de la crise économique et je le regrette profondément », avait déclaré, la veille, le président au nouveau cabinet, concédant que le Sri Lanka aurait dû s’adresser au FMI « beaucoup plus tôt ». Il a également admis que le gouvernement avait commis une « erreur », en interdisant les produits agrochimiques l’an dernier, une mesure prise pour économiser les devises, dont le pays est également à court. La mesure a eu un effet dévastateur sur les rendements agricoles.

La pandémie de Covid-19 a joué un grand rôle dans l’effondrement de l’économie, en privant cette île d’Asie du Sud d’une ressource essentielle, le tourisme.

Alors que les échanges ont été suspendus à la Bourse de Colombo, le gouvernement a pressé les ressortissants sri-lankais expatriés de faire don de devises à leur pays pour lui permettre l’achat de biens essentiels.

Le Monde avec AFP



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