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Le FMI revoit à la baisse ses prévisions de croissance mondiale et s’inquiète des risques d’instabilité financière


Le sceau du Fonds monétaire international (FMI) à Washington DC, en janvier 2022.

Une inflation en hausse et une croissance mondiale en baisse. Le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé, mardi 19 avril, ses prévisions de croissance mondiale à 3,6 % pour 2022, en diminution de 0,8 point par rapport à celles de janvier. Une révision justifiée par la guerre en Ukraine, les sanctions contre la Russie et les confinements mis en œuvre en Chine pour endiguer la pandémie de Covid-19.

L’institution sise à Washington anticipe aussi une inflation plus élevée et plus longue que prévu. La guerre en Ukraine va perturber les chaînes d’approvisionnement, à peine remises des désorganisations des deux dernières années liées aux fermetures d’usines, à la hausse du prix du fret maritime et à la congestion des ports. Ces nouvelles perturbations vont surtout affecter le commerce de blé (dont l’Ukraine et la Russie assurent 30 % de l’approvisionnement mondial) comme de maïs, et renchérir le cours des matières premières. « L’ampleur de ces changements dépend non seulement de la baisse des exportations en raison du conflit et des sanctions, mais aussi de l’élasticité de l’offre et de la demande mondiales », analyse le FMI, qui considère que les réserves d’autres pays peuvent être plus facilement utilisées pour le pétrole que pour le gaz.

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Les pays de la zone euro sont parmi les plus touchés par le choc économique de la guerre en Ukraine, en raison de leur proximité : les prix à la consommation devraient y augmenter de 12,6 % en 2022, à des niveaux comparables à ceux observés en Amérique du Sud ou au Moyen-Orient, et la hausse du PIB y est fortement revue à la baisse, à 2,8 %, en diminution de 1,1 point par rapport aux prévisions de janvier.

« Ondes sismiques »

En comparaison, la croissance aux Etats-Unis n’est revue à la baisse que de 0,3 point de pourcentage, principalement en raison d’un durcissement de la politique monétaire et d’une baisse de l’activité chez ses partenaires économiques. « Les effets économiques de la guerre se propagent de loin en loin – comme les ondes sismiques qui partent de l’épicentre d’un tremblement de terre –, principalement par le biais des marchés des matières premières, du commerce et des flux financiers », écrit le nouveau chef économiste du FMI Pierre-Olivier Gourinchas, dans son introduction aux prévisions.

« Le resserrement des conditions financières va mettre en lumière les vulnérabilités des emprunteurs souverains et privés », met en garde le FMI

Les « ondes sismiques » peuvent être d’autant plus dévastatrices que la situation financière internationale est fragile. « Le resserrement des conditions financières va mettre en lumière les vulnérabilités des emprunteurs souverains et privés », met en garde le FMI. La guerre en Ukraine complique le travail des banques centrales. Si elles augmentent leurs taux trop brutalement dans les grandes économies développées, elles pourraient déclencher une fuite de capitaux des pays émergents avec, à la clé, une crise financière. Et elles pourraient aussi nuire à la reprise de l’activité.

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