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« Les salariés d’Apple veulent bénéficier des profits faramineux de la plus riche des compagnies mondiales »


Le magasin Apple de la gare de Grand Central, à New York, le 18 avril 2022.

Joe Biden va-t-il tweeter sa satisfaction, lui qui promeut le syndicalisme au nom de la défense des classes moyennes ? Après des salariés d’Amazon, de Starbucks et d’Activision Blizzard, des employés du magasin Apple de la gare de Grand Central, à New York, se sont engagés, lundi 18 avril, sur la voie semée d’obstacles de la création d’un syndicat – une première outre-Atlantique pour la firme à la pomme. Regroupés sous la bannière des Workers United, qui a soutenu avec succès des travailleurs de Starbucks, ils doivent recueillir la signature d’au moins 30 % de leurs collègues pour pouvoir réclamer, ensuite, un vote d’approbation ou de rejet d’une organisation syndicale.

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Un salaire horaire d’au moins 30 dollars (27,80 euros) et plus de congés figurent en bonne place dans les revendications des salariés, frappés par la pandémie de Covid-19, qui a fait des ravages à New York, et par une flambée des prix « sans précédent ». Ils veulent bénéficier des profits faramineux du géant de Cupertino, la plus riche des compagnies mondiales, qui a réalisé un bénéfice de 35 milliards de dollars pour le seul quatrième trimestre 2021. Quelques-unes des 270 boutiques américaines se sont engagées dans la même voie, mais les initiateurs du mouvement se montrent discrets pour ne pas perdre leur emploi.

Menace, chantage, intimidations

« Nous reconnaissons l’immense bravoure dont ces travailleurs font preuve pour défendre leurs droits », souligne le syndicat du secteur des services. Comme s’ils vivaient sous la férule de dictateurs chinois ou birmans. Mais rien n’est gagné, et la création d’un syndicat ne fait pas l’unanimité des salariés. Même à l’entrepôt Amazon JFK8 de Staten Island, dans la banlieue de New York, où le oui a recueilli 55 % des suffrages début avril dans un scrutin marqué par une forte abstention.

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De 30 %, dans les années 1950, le taux de syndicalisation des Américains est tombé à 10 %. Créer une section ou y adhérer est un droit reconnu, mais les menaces, le chantage et les intimidations précédant un vote des salariés font échouer l’écrasante majorité des projets. Les initiatives se multiplient, et chaque nouveau syndicat est une victoire arrachée de haute lutte à des directions préférant, selon l’expression d’Apple, une « relation directe » avec les salariés.

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Que peut le président américain, sinon répéter inlassablement qu’« il ne doit y avoir aucune intimidation, aucune pression, aucune menace, aucune propagande antisyndicale », comme il le déclarait, il y a un an, en soutenant des employés d’Amazon. « Aucune hiérarchie ne devrait attaquer des employés sur leur préférence syndicale. » Le message passe toujours aussi mal au pays de la libre entreprise, désormais travaillé par l’esprit libertarien de la Big Tech, où derrière chaque syndiqué se cache un dangereux bolchevique le couteau entre les dents.



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