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Au Japon, la forte chute du yen commence à préoccuper


Autrefois, les replis du yen étaient appréciés, voire appuyés par le Japon pour soutenir les exportations.

Jusqu’où va chuter la monnaie japonaise ? Depuis le début de l’année, le yen a plongé de 12 % par rapport au billet vert, dont 5 % sur le seul mois d’avril. Jeudi 5 mai, il fallait même près de 130 yens (environ 0,95 euro) pour obtenir un dollar – du jamais-vu depuis vingt ans –, contre moins de 115 yens, le 7 mars. Le relèvement de 0,5 point des taux directeurs américains annoncé le 4 mai et la perspective que le mouvement se poursuive ces prochains mois pourraient accélérer encore la baisse de la devise nippone. « La raison de la dépréciation récente du yen est assez claire : la très forte divergence de politique monétaire entre la Banque du Japon (BoJ) et la quasi-totalité des autres banques centrales du monde », analysent Laetitia Baldeschi et Bastien Drut, économiste chez CPR AM, dans une note sur le sujet.

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Autrefois, les replis du yen étaient appréciés, voire appuyés par le Japon pour soutenir les exportations. Cette fois, une certaine prudence semble de mise. Le ministre des finances, Shunichi Suzuki, a profité de la réunion, le 20 avril, des grands argentiers du G7 pour exprimer ses craintes face à « la récente dépréciation quelque peu abrupte du yen ».

Inflation importée

Lors de la dernière réunion de son conseil politique, le 28 avril, la BoJ a néanmoins maintenu sa politique monétaire ultra-accommodante, avec des taux d’intérêt négatifs. L’institution table désormais sur une hausse des prix à la consommation de 1,9 % (hors produits frais) sur l’exercice 2022-2023 entamé le 1er avril, contre une précédente prévision de 1,1 %. Mais il s’agit d’une inflation essentiellement importée, car, en excluant l’énergie, la hausse devrait se limiter à 0,9 % en 2022-2023. La BoJ est toujours loin d’atteindre sa cible de 2 % d’inflation, objectif fixé en 2013, mais jamais réalisé dans un pays où domine, selon son gouverneur, Haruhiko Kuroda, une « mentalité déflationniste ».

La BoJ veut aussi soutenir une économie tournant au ralenti. « L’indice de confiance des entreprises, le Tankan, a révélé une baisse du climat des affaires au premier trimestre et la BoJ a revu à la baisse ses évaluations de l’économie de sept des neuf régions du pays », rappelle Takahiro Sekido, analyste de la banque MUFG. Affectée par la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, la troisième économie mondiale ne devrait croître que de 0,4 % au premier trimestre, contre 1,1 % entre octobre et décembre 2021.

« L’économie ne peut pas supporter une hausse des taux », Ryutaro Kono, économiste chez BNP Paribas Japon

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