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Lula annonce sa candidature à l’élection présidentielle pour « reconstruire le Brésil »


L’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva salue ses partisans lors du lancement de sa campagne pour l’élection présidentielle d’octobre au Brésil, à Sao Paulo, Brésil, le 7 mai 2022.

Il entend « retourner au combat ». L’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a annoncé, samedi 7 mai, qu’il allait briguer un troisième mandat, lors de l’élection d’octobre, afin de « reconstruire » le pays, après la gestion « irresponsable et criminelle » de Jair Bolsonaro.

« Nous sommes tous prêts à travailler non seulement pour la victoire le 2 octobre, mais pour la reconstruction et la transformation du Brésil, qui sera plus difficile que la victoire lors de l’élection », a déclaré Lula, 76 ans, lors d’un meeting de lancement de sa campagne devant 4 000 partisans, à Sao Paulo.

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Douze ans après avoir quitté le pouvoir avec un taux d’approbation stratosphérique (87 %), l’ancien syndicaliste, qui n’a toujours pas de successeur à gauche, va donc briguer un troisième mandat. L’annonce de cette sixième candidature à l’élection présidentielle était un secret de Polichinelle.

Faute de candidat qui rendrait viable une troisième voie, Lula est le seul à pouvoir battre dans les urnes Jair Bolsonaro, âgé de 67 ans, qu’il distance dans tous les sondages mais qui semble prêt à tout pour conserver le pouvoir.

« Restaurer la souveraineté » du pays

« Que voulons-nous ? Le Brésil de la démocratie ou de l’autoritarisme ? Le choix n’a jamais été aussi simple », a scandé Lula devant la foule qui l’acclamait aux cris de « Lula, guerrier du peuple brésilien ». Son discours, d’une cinquantaine de minutes, s’est tenu devant un écran géant montrant le drapeau brésilien, symbole que les bolsonaristes s’étaient approprié. « Le Brésil est trop grand pour être relégué au rang de paria », a lancé Lula, répétant à plusieurs reprises qu’il prétendait « restaurer la souveraineté » du pays, face à « la politique irresponsable et criminelle du gouvernement ».

Contrairement aux grands meetings de ses heures de gloire, où il montrait toute son aura de tribun, Lula, costume marine et col de chemise ouvert, s’est contenté de lire son discours, regardant assez peu le public et évitant les grandes envolées. Ses proches lui ont conseillé de montrer un visage apaisé et rassurant, après des dérapages récents qui ont fait polémique.

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Lors d’un entretien au magazine Time cette semaine, il s’en est pris au président ukrainien Volodymyr Zelensky, ce « bon humoriste (…) qui se donne en spectacle » et est « aussi responsable » de la guerre dans son pays que son homologue russe, Vladimir Poutine. L’ancien tourneur fraiseur a également été épinglé pour ses déclarations controversées sur l’avortement, sur la police ou sur les classes moyennes.

Dans le but de montrer une union sacrée pour battre Jair Bolsonaro, le candidat à la vice-présidence de Lula, Geraldo Alckmin, ancien gouverneur de centre droit de Sao Paulo, a déclaré dans son discours en visioconférence qu’« aucune divergence » ne pourrait l’empêcher de remplir sa « mission, la défense de la démocratie ».

S’il n’a pas le charisme de Lula, M. Alckmin, qui avait été battu par l’ancien président de gauche au deuxième tour du scrutin en 2006, est là pour rassurer l’électeur du centre, de la droite modérée et les milieux d’affaires.

L’ancien gouverneur de Sao Paulo, Geraldo Alckmin, parle sur un écran pendant le lancement de la campagne de l’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pour l’élection présidentielle d’octobre au Brésil, à Sao Paulo, au Brésil, le 7 mai 2022.

Testé positif au Covid-19 vendredi, c’est de chez lui, en visioconférence, qu’il a participé au lancement de la campagne. « Lula est aujourd’hui le seul qui peut nouer une alliance pour un grand front démocratique », assure l’avocat Alexandre Pupo, 29 ans, qui a assisté avec enthousiasme aux discours.

Polarisation du pays

Dès la semaine prochaine, Lula va partir en campagne et sillonner le pays – comme le fait depuis des mois le président candidat Bolsonaro – en commençant par l’Etat du Minas Gerais (Sud-Est). La présidentielle des 2 et 30 octobre témoignera de l’extrême polarisation de l’immense pays émergent de 213 millions d’habitants.

L’ancien syndicaliste estime que son héritage – réduction des inégalités, politiques sociales, promotion de l’éducation – a été « détruit, démantelé ». « Je crois être capable de faire plus et de faire mieux que ce que j’ai déjà fait », a-t-il commenté auprès du Time.

Cette nouvelle candidature a un goût de revanche pour l’ex-président, dont le bannissement de la course en 2018 avait permis l’élection facile de Jair Bolsonaro. Alors qu’il était emprisonné un an et demi pour corruption jusqu’en novembre 2019, la carrière politique de l’ancien métallo semblait terminée. Jusqu’à ce que la Cour suprême annule ses condamnations en mars 2021.

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Le Monde avec AFP



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