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John Lee, ancien policier pro-Pékin, va diriger Hongkong


John Lee, prochain chef de l’exécutif de Hongkong, vendredi 6 mai 2022.

Le président chinois Xi Jinping n’ayant formellement adoubé qu’un seul candidat pour le poste du prochain chef de l’exécutif de Hongkong, John Lee, 64 ans, numéro deux du gouvernement sortant, peut, sans la moindre angoisse, s’attendre à être plébiscité par une large majorité des quelque 1 461 électeurs appelés aux urnes dimanche 8 mai.

Ces derniers ont, eux aussi, été scrupuleusement sélectionnés parmi la population de plus de 7 millions d’habitants de la région administrative spéciale (RAS) pour leur infaillible patriotisme à l’égard de la Chine, selon des critères définis par le nouveau code électoral imposé par Pékin au printemps 2021. Quant à M. Lee, ancien policier et ex-ministre de la sécurité, il avait été préalablement approuvé par un comité de sélection dirigé par… lui-même.

Autant dire que le scrutin relève davantage d’une désignation ultra-contrôlée que d’une élection. Dimanche, 7 000 policiers seront néanmoins déployés dans les rues de la ville, pour assurer le bon déroulement de cette formalité administrative qui devrait être réglée en moins de deux heures. La plupart des Hongkongais observent l’affaire avec sarcasme et dérision. Le slogan « un homme, une voix » que la population a longtemps scandé pour réclamer le suffrage universel, spécifiquement promis par l’article 45 de la Basic Law (mini-Constitution de Hongkong), a été remplacé en cantonais par « toutes les voix pour un seul homme ».

Manque d’éducation

Après une fin de quinquennat calamiteux (2017-2022) de la cheffe de l’exécutif sortante Carrie Lam, c’est donc à son adjoint, l’ancien « chief secretary » John Lee, que revient la tâche ingrate de diriger le territoire, saigné par deux crises majeures successives qui l’ont mis sur les genoux, moralement et économiquement : les émeutes de 2019, déclenchées par un projet de loi d’extradition vers la Chine – finalement retiré –, et la cinquième vague de Covid-19, aussi soudaine que virulente. Mais de nombreux doutes planent quant à l’aptitude de cet ancien policier mal connu et déjà largement moqué sur les réseaux sociaux où il est affublé de plusieurs surnoms, le plus ancien étant Pikachu (la mascotte des Pokémon), par homophonie avec son nom cantonnais (Lee Ka-chiu).

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« Pour la plupart des Hongkongais, il est même pire que Carrie Lam, à cause de son passé de policier. On a vu la brutalité de la police en 2019 alors qu’il était ministre de la sécurité », affirme au Monde un ancien militant prodémocratie qui demande à ne pas être cité. « John Lee vient de la police et il est directement associé au chaos de 2019 et à la sévère répression qui s’ensuivit, ce sont là les traits les plus saillants de ce candidat, analyse John Burns, professeur de politique et administration publique à l’université de Hongkong. On peut s’attendre à ce que sa façon de diriger soit celle enseignée dans la police comme dans l’armée : ordre-exécution. Or c’est le contraire de la politique. »

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