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L’Argentine souhaite attirer les nomades numériques


Dans le quartier de Palermo, à Buenos Aires, en 2018.

La veille, encore : restaurant. Le lendemain : brunch. Le soir : un afterwork, dans le quartier de Buenos Aires qui borde le rio de la Plata, Puerto Madero, et des verres sur un rooftop. Ensuite, chaque mois, une escapade est prévue aux quatre coins du pays : bientôt, les spectaculaires chutes d’Iguazu – à la frontière brésilienne –, puis Salta et ses montagnes colorées dans le Nord-Ouest. « On flambe », admet en souriant Ricardo (les personnes citées dont le nom n’apparaît pas ont souhaité garder l’anonymat), 28 ans, qui a quitté la Belgique avec sa compagne pour rejoindre l’Argentine, fin avril, comme « nomade numérique », pour six mois environ. Ses projets ne sont pas uniquement touristiques : la journée, il continue de travailler, totalement à distance, à raison de trente-deux heures hebdomadaires, comme administrateur des achats pour une entreprise néerlandaise.

« Je n’y vois que des avantages ; à Buenos Aires, je ne me sens pas dépaysé. En même temps, j’apprends une nouvelle langue et puis, avec un salaire européen, la vie n’est vraiment pas chère, je vais même pouvoir mettre de côté », remarque-t-il, ravi des premiers contacts. Pour l’instant, il s’en sort avec sa maîtrise du portugais.

« Nos atouts, c’est le coût de la vie, imbattable au regard de l’offre culturelle, gastronomique, en divertissement, mais aussi un climat agréable toute l’année. » Francisco Resnicoff, sous-secrétaire aux relations internationales

Depuis le 10 mai et le lancement d’un visa qui leur est consacré – d’une durée de six mois, renouvelable une fois –, l’Argentine mise officiellement sur l’arrivée de ces nouveaux travailleurs dans le pays. « La pandémie de Covid-19 a accéléré tout ce qui, d’une façon ou d’une autre, allait finir par arriver », a justifié, lors de l’annonce, Florencia Carignano, directrice des services migratoires, en référence à ce nouveau profil de visiteurs. « Les personnes qui intègrent cette communauté ont entre 20 et 40 ans, la majorité d’entre elles ont un diplôme universitaire. On estime qu’elles consomment plus que les autres visiteurs : 6 000 dollars [5 670 euros] lors d’un séjour type », calcule le gouvernement.

« Ces dépenses dynamisent l’économie »

Buenos Aires, la ville d’arrivée des nomades, avait déjà formellement endossé cette stratégie au mois de décembre 2020, puis en novembre 2021, avec « la première conférence pour les nomades numériques d’Amérique latine ». Objectif : attirer 22 000 personnes correspondant à ce profil d’ici à 2023. La ville offre un « kit de bienvenue » à ces visiteurs, incluant, entre autres, une carte de transport et une carte SIM, des promotions dans différents hôtels. La manne espérée s’élève à 150 millions de dollars. Si le gouvernement affiche d’emblée son souhait de « générer un impact positif pour l’entrée de devises » dans un pays qui en a toujours cruellement besoin, les nomades, dans la majorité des Américains ou des Européens, selon les autorités, s’échangent les bonnes adresses pour obtenir des pesos sur le circuit parallèle. Le taux y est plus avantageux. Et les euros ou dollars échappent aux réserves officielles.

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