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Au Nigeria, l’ancien vice-président Atiku Abubakar désigné candidat de l’opposition à la présidentielle


L’ancien vice-président nigérian Atiku Abubakar, candidat de l’opposition à l’élection présidentielle de 2023, s’adresse aux délégués du Parti démocratique populaire (PDP), à Abuja, le 28 mai 2022.

L’ancien vice-président nigérian et opposant de longue date Atiku Abubakar a été désigné candidat de l’opposition, samedi 28 mai, pour la présidentielle prévue en février 2023, le parti au pouvoir reportant quant à lui d’une semaine sa primaire pour désigner son candidat. « Aujourd’hui nous écrivons l’histoire, une histoire qui, nous le croyons, va apporter des changements fondamentaux », a dit M. Abubakar à ses partisans réunis à Abuja, où le vote a été organisé.

Ce musulman du nord du pays, âgé de 75 ans, a été désigné à l’issue d’une primaire du Parti démocratique populaire (PDP) et tentera pour la sixième fois d’être élu président du Nigeria. Le Congrès des progressistes (APC), au pouvoir, tiendra quant à lui sa primaire du 6 au 8 juin pour choisir un candidat devant succéder au président Muhammadu Buhari, qui a annoncé ne pas se représenter après ses deux mandats.

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Pour tenter de concilier ce pays extrêmement divisé entre un nord musulman et un sud chrétien et où vivent près de 250 ethnies, une règle tacite prévoit une rotation de la présidence tous les deux mandats entre les candidats du nord et du sud. Or M. Abubakar, ancien chef des douanes et vice-président (1999-2007), est originaire du nord, tout comme le président Buhari, contrairement à la plupart des principaux candidats de l’APC, originaires du sud.

Au sein du parti au pouvoir, l’ancien gouverneur de Lagos Bola Tinubu et son ancien poulain, l’actuel vice-président Yemi Osinbajo, sont les deux grands rivaux ambitionnant d’être investis, face à un outsider, Rotimi Amaechi, qui a récemment démissionné de son poste de ministre des transports dans le gouvernement de M. Buhari.

Une insécurité généralisée

L’actuel président n’a soutenu aucun candidat et certains analystes s’attendent à ce qu’il cherche un candidat de consensus pour maintenir la cohésion des factions de l’APC en vue des élections générales de février 2023. Alliance de petits partis réunis pour la victoire de M. Buhari aux élections de 2015, l’APC a souvent eu du mal à contenir ses divisions internes.

La sécurité sera un enjeu majeur du scrutin de février 2023, car le pays est en proie à une insécurité généralisée. L’armée nigériane est déployée sur de multiples fronts, notamment dans le nord-est, théâtre d’une insurrection djihadiste depuis plus de dix ans, et dans le nord-ouest, où des bandes criminelles pillent, kidnappent et tuent les habitants. Depuis son retour à un régime civil en 1999 après une dictature militaire, le Nigeria a organisé six élections nationales, qui ont souvent été entachées de fraudes, de difficultés techniques, de violences et de contestations juridiques.

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La plus grande économie d’Afrique, affaiblie par l’impact de la pandémie de Covid-19, subit désormais les retombées de la guerre en Ukraine, qui ont fait grimper les prix des carburants et des denrées alimentaires sur tout le continent. Au moins 31 personnes ont été tuées samedi lors d’une bousculade survenue dans le sud du Nigeria durant une distribution de nourriture organisée par une Eglise, a déclaré la police. Ces dernières années, le Nigeria a connu plusieurs tragédies lors de bousculades liées à des distributions de nourriture, notamment en 2021 lors d’une opération organisée par une agence humanitaire dans l’Etat du Borno (nord), où sept femmes étaient décédées après avoir été piétinées par la foule.

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Le Monde avec AFP



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