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A Shanghai, un début de retour à la vie après deux mois de confinement drastique


Les autorités de Shanghai ont annoncé qu’elles allaient prendre des mesures importantes mercredi 1er juin en vue de la réouverture de la plus grande ville de Chine, après deux mois de confinement dû au Covid-19.

Des familles qui marchent d’un pas tranquille le long du fleuve Huangpu, des coureurs en shorts fluo qui trottinent, une jeune fille sur un skateboard tirée par son chien… sur le « West Bund », les rives aménagées du fleuve qui sépare Shanghai en deux, la vie semble presque revenue à la normale. Ne manquent que les cafés et les musées, pas encore ouverts et les espaces de jeux, entourés de barrières. Un peu partout dans la ville, les promeneurs, libérés, ont repris les rues, à pieds ou à vélos. Les voitures sont encore interdites : les seuls véhicules motorisés sont des camions, ou des voitures de polices, ou les rares bénéficiaires d’autorisations de sorties. Il règne dans la ville la plus peuplée de Chine une atmosphère étrange : les habitants qui le peuvent profitent de leur liberté retrouvée tandis que quelques millions d’entre eux sont encore enfermés. A Shanghai, la ville de l’argent roi, les habitants n’ont nulle part où consommer, au grand dam des patrons de boutiques encore condamnées par des scellés.

Les habitants ont dû serrer les dents, enfermés chez eux, comptant sur les distributions alimentaires du gouvernement pour se nourrir

Après deux mois de confinement drastique, la plupart des habitants de Shanghai devraient être libérés mercredi 1er juin. L’approche ultra-stricte des autorités chinoises a atteint son objectif : le nombre de cas de Covid-19 a atteint vingt-neuf cas seulement, mardi 31 mai, contre plus de 27 000 cas quotidiens à Shanghai mi-avril. Entre-temps, les habitants ont dû serrer les dents, enfermés chez eux, comptant sur les distributions alimentaires du gouvernement pour se nourrir, et des commandes en ligne, très aléatoires. Après avoir encore renforcé les restrictions début mai, la municipalité de la ville avait annoncé, le 16 avril, le déconfinement progressif de la ville sous quinzaine. Un cap qu’elle a pu tenir grâce à la baisse régulière des cas. Au 1er juin, seuls les 900 000 habitants environ des résidences à risques « moyen et élevé » – des cas ayant été enregistrés ces deux dernières semaines – resteront enfermés.

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Quelque chose d’irréel

Quelques jours plus tôt, la première sortie en deux mois avait quelque chose d’irréel : « Oui, vous pouvez sortir faire de l’exercice, mais n’allez pas trop loin », avait concédé le gardien de notre résidence. Quelques voisins, en bons termes avec lui, se permettaient déjà des sorties discrètes, mais c’était pour la première fois une réponse claire. De quoi redécouvrir à petites foulées une ville encore marquée par deux mois de confinement extrême. Un festival de barricades, palissades, barrières de chantiers, enfermait encore de très nombreux quartiers. Des contrôles de police barraient certaines rues, contrôlant notamment les permis de circuler des livreurs à scooter, et des camions. En plein centre, le parc Xiangyang, transformé en centre de test de masse début mars, était toujours occupé par les grands barnums blancs abritant du personnel médical. Des habitants profitaient de la fraîcheur du soir et de leur liberté retrouvée.

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