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Les études au Canada attirent de plus en plus de jeunes français


Université de Montréal.

Quand elle était au lycée, Axelle Berthelot songeait à s’inscrire après le bac dans une école de commerce. Lors d’un salon étudiants organisé à Lyon, elle rencontre des universités canadiennes et se laisse convaincre par leurs arguments, qu’elle répercute immédiatement à ses parents : dépaysement, possibilités professionnelles après le diplôme, tarifs modérés par rapport à une école de commerce en France, des cours en français ou en anglais… L’année suivante, à 18 ans, elle fait sa rentrée à la faculté de gestion de l’université Laval, à Québec.

Le parcours d’Axelle n’a rien d’une exception. Le Canada est désormais la destination la plus prisée des jeunes français qui souhaitent suivre leurs études à l’étranger, devant la Belgique. En 2018, 17 030 Français étaient inscrits dans les établissements canadiens, selon les données les plus récentes de l’organisme public Campus France. En seulement treize ans, ce chiffre affiche une augmentation de 356 %.

La plupart de ces Français s’inscrivent dans des universités du Québec, très actives en France pour attirer les lycéens, à coups de salons étudiants, de partenariats avec des universités hexagonales, de campagne de communication sur les réseaux sociaux. La langue et la proximité culturelle sont autant d’arguments qui rassurent les étudiants français en quête d’un dépaysement nord-américain, rappelle Jean-Christian Pleau, vice-recteur à la vie académique de l’université du Québec à Montréal (UQAM).

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Des tarifs attractifs

Les universités du Québec proposent aussi, par rapport à leurs consœurs nord-américaines ou britanniques, des tarifs attractifs : pour la licence, les droits de scolarité payés par les Français sont alignés sur ceux des étudiants issus des autres provinces du Canada (les Québécois paient moins cher). A l’UQAM, le montant annuel de ces frais s’établit ainsi à 9 200 dollars canadiens (6 752 euros). Pour le deuxième cycle (équivalent du master), les Français paient 3 450 dollars canadiens (2 534 euros) par an.

Ainsi, les Français représentent la moitié du total des étudiants étrangers à l’UQAM (2 112 au total à l’automne 2021) et même 57 % à l’université de Montréal, qui, avec ses écoles affiliées – HEC et Polytechnique –, rassemble 5 786 étudiants français. Dans la célèbre université anglophone montréalaise McGill, la France est le troisième contingent d’étudiants internationaux (environ 15 %), juste derrière les Etats-Unis et la Chine.

Les restrictions sanitaires durant la pandémie de Covid-19 ont légèrement affecté l’attractivité des universités canadiennes auprès des Français. Mais les établissements s’attendent à une reprise des flux dès cet automne.

Profonde pénurie de main-d’œuvre

Les bonnes perspectives professionnelles ne sont pas étrangères à la venue des jeunes français. En avril 2022, le taux de chômage pointait à 3,9 % au Québec. Dans l’ensemble du Canada, ce chiffre s’élevait à 5,2 %. Il s’agit des niveaux les plus bas jamais enregistrés depuis 1976, année où l’on diffusait ces données pour la première fois. La démographie québécoise ne suffit plus à pourvoir les besoins.

« Les employeurs au Québec sont dans une situation critique. On est à la recherche de milliers de personnes », assure Michèle Glémaud, directrice générale du service de l’admission et du recrutement à l’université de Montréal. L’établissement s’est doté de deux conseillers qui aident les étudiants étrangers dans leurs démarches légales pour rester à la suite de leurs études.

Aujourd’hui âgée de 22 ans, Axelle Berthelot perçoit avec netteté la facilité pour s’insérer dans la vie professionnelle de la Belle Province. « Chaque semaine, je suis contactée pour des propositions d’emploi », s’étonne la Française, qui a travaillé, parallèlement à son cursus universitaire, deux années à l’Assemblée nationale du Québec. Elle est aujourd’hui en poste au ministère de la cybersécurité et du numérique. En septembre, elle poursuivra ses études en master en gestion des technologies de l’information, toujours au Canada, qu’elle n’entend pas quitter pour le moment.

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