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l’OPEP et son allié russe se décident à ouvrir un peu les vannes


Une installation pétrolière de la compagnie saoudienne Aramco, à Djeddah, le 24 novembre 2020.

Un peu plus de trois mois après le déclenchement de la guerre en Ukraine, le 24 février, les vannes commencent à se desserrer. Depuis le jeudi 2 juin, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés affichent un nouvel objectif : la mise sur le marché de 648 000 barils supplémentaires par jour au mois de juillet, pour un total quotidien de 43 millions d’unités. C’est davantage que la hausse mensuelle depuis le trimestre dernier (+ 432 000 barils par jour), et plus encore que celle depuis l’été 2021 (+ 400 000), après des réductions draconiennes dues au Covid-19.

L’alliance informelle, dite OPEP +, se trouve dans l’embarras. Comment garder dans ses rangs la Russie, nouvel allié depuis 2016 et principal exportateur mondial avec l’Arabie saoudite, alors même que le Kremlin fait désormais l’objet de sanctions pour avoir envahi l’Ukraine ? Lundi 30 mai, après les Etats-Unis et le Royaume-Uni, les pays de l’Union européenne se mettaient d’accord : ils entendent sabrer d’environ 90 % leurs importations de pétrole russe d’ici à la fin de 2022.

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Le rehaussement des objectifs mensuels de production peut s’interpréter comme un geste destiné à rassurer quelque peu le marché. Une manière de faire retomber les inquiétudes des pays consommateurs (en particulier en Europe, aux Etats-Unis et en Chine) sur les approvisionnements futurs, et donc les prix – bien que le baril de Brent de la mer du Nord ait connu une légère hausse le 2 juin, pour finir autour de 117 dollars (environ 109 euros).

« Un premier pas important »

« Cette petite concession en faveur des pays importateurs intervient avant la période estivale des départs en vacances, et donc avant un surplus de circulation automobile, qui correspond notamment à la “driving season” [saison des grands déplacements automobiles] aux Etats-Unis, premier pays consommateur de pétrole dans le monde », relève Francis Perrin, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques.

« Le message de l’OPEP consiste à dire qu’elle se soucie de la stabilisation du marché, ce qui est surtout dans la lignée des préoccupations occidentales », souligne Philippe Copinschi, chercheur en science politique. Sa principale alliée, la Russie, poursuit de son côté une autre ambition : « réorganiser l’ensemble de sa filière d’exportation d’hydrocarbures dans les mois à venir », notamment à destination de l’Asie, quitte à casser ses prix, rappelle le spécialiste des énergies à Sciences Po.

L’augmentation annoncée marque « un premier pas important, sans être spectaculaire pour autant », estime Francis Perrin. « Elle montre en tout cas que les pays producteurs ont pris en considération les pressions insistantes des pays importateurs, tout en conservant la Russie à leur bord. »

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