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La Côte d’Ivoire va se doter d’une loi sur l’asile


Familles burkinabées réfugiées dans le village ivoirien de Tougbo après avoir fui les violences djihadistes dans leur pays, le 22 janvier 2022.

Le gouvernement ivoirien a adopté, mercredi 7 juin, un projet de loi sur l’asile visant à encadrer le statut des réfugiés qui arrivent dans le pays, un texte qui vient combler un « vide » en la matière, selon le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly.

Le texte, qui devra être voté au Parlement, favorisera « la mise en place d’un système d’asile efficace », a indiqué M. Coulibaly, à l’issue du conseil des ministres.

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Si la Constitution, dans son article 23, garantit déjà « le droit d’asile pour toute personne persécutée en raison de ses convictions politiques, religieuses, philosophiques ou de son appartenance ethnique », aucune loi n’existait jusqu’à présent.

« Notre pays ne disposait pas de texte pour encadrer le statut de réfugié. Il y avait un flou, ce texte vient combler ce vide », a confirmé le porte-parole du gouvernement, sans développer les détails du texte.

Dans les années 1990, la Côte d’Ivoire avait accueilli des dizaines de milliers de réfugiés fuyant la guerre civile au Liberia et en Sierra Leone. « Ils ont été accueillis dans des villages, chez l’habitant, ils n’ont pas eu de statut », a rappelé M. Coulibaly.

Protection internationale

La Côte d’Ivoire est aujourd’hui à nouveau confrontée à l’arrivée de réfugiés. Plusieurs milliers de personnes fuient les attaques djihadistes au Burkina Faso pour le nord de la Côte d’Ivoire et sont hebergées chez des villageois ou dans des campements de fortune.

Le Haut Commissaire des Nations unies aux réfugiés (HCR), Filippo Grandi, est attendu en Côte d’Ivoire du 17 au 20 juin, à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés.

La RDC, le Burkina et le Cameroun en tête des « crises les plus négligées »

Les dix crises les plus négligées au monde se trouvent toutes en Afrique, selon le classement du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

En tête, comme l’an dernier, figure la République démocratique du Congo (RDC) : face à l’intensification des conflits armés et des tensions intercommunautaires, 5,5 millions de Congolais sont déplacés dans le pays et 1 million ont préféré fuir à l’étranger. L’ONG regrette le manque d’attention médiatique pour ce pays en guerre depuis plus de vingt ans et « l’absence d’engagement diplomatique fort ».

En deuxième position, le Burkina Faso enregistre l’une des crises de déplacement les plus rapides au monde, avec près d’un habitant sur dix contraint de quitter son foyer à cause des attaques des groupes djihadistes depuis 2015 dans le nord et l’est du pays. A l’approche de la période de soudure, de juin à août, les acteurs humanitaires s’inquiètent d’un risque de famine dans certaines zones enclavées par les violences, alors que 3 millions de Burkinabés devraient souffrir de la faim.

L’insécurité, les effets du changement climatique et l’impact de la pandémie de Covid-19 ont également aggravé la crise humanitaire au Cameroun, classé troisième, où les restrictions d’accès à l’information et les arrestations compliquent le travail des journalistes.

Le Soudan du Sud, qui a connu d’importantes inondations en 2021 et où plus de 60 % de la population devrait souffrir de la faim lors de la prochaine soudure, et le Tchad, où le taux de malnutrition sévère dépasse dans plusieurs régions le seuil d’urgence de 2 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), font leur entrée dans le classement. Celui-ci compte également le Mali, le Soudan, le Nigeria, le Burundi et l’Ethiopie.

En septembre 2021, le HCR avait recommandé la fin du statut de réfugié accordé aux Ivoiriens qui avaient fui leur pays, notamment pendant la crise post-électorale de 2010-2011, estimant que la plupart d’entre eux n’ont plus besoin de protection internationale.

Si une immense majorité est déjà volontairement rentrée en Côte d’Ivoire ces dernières années, quelque 51 000 personnes sont encore réfugiées dans des pays de la sous-région.

Cette mesure doit entrer en vigueur le 30 juin et les personnes qui se considèrent en danger pourront toujours demander une exemption pour rester sous la protection du HCR.

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Le Monde avec AFP



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