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L’Amérique latine fait les yeux doux aux entreprises françaises


Les pronostics économiques pour l’Amérique latine et les Caraïbes en 2022 ne sont pas bons. Si la Banque mondiale (BM) a révisé à la hausse de 0,2 point, mardi 7 juin, sa projection de croissance pour la région – à 2,5 %, contre 6,7 % en 2021 –, elle reste inférieure à celle estimée pour les marchés émergents (+ 3,7 %).

La pandémie de Covid-19 a particulièrement touché le sous-continent, qui enregistre 25 % des morts (1,69 million) au niveau mondial, alors qu’il ne représente que 8 % de la population de la planète. Et la guerre en Ukraine aura des impacts négatifs à long terme, prévoit la BM, car la hausse des prix des matières premières, dont la région est exportatrice, sera freinée par l’augmentation des coûts de production, notamment de l’énergie et des fertilisants.

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De passage à Paris, Mauricio Claver-Carone, le président de la Banque interaméricaine de développement (BID), principale source de financement du sous-continent, dit « ne pas croire » aux projections « défaitistes ». « Oui, il y a une crise additionnelle à cause de la guerre, mais aussi des opportunités », affirme-t-il, en appelant les entreprises françaises à investir davantage dans la région.

« Étranglement des chaînes d’approvisionnement »

L’élection à la tête de la BID, en septembre 2020, de M. Claver-Carone, proposé par l’ex-président des Etats-Unis Donald Trump, avec l’objectif avoué de contrer l’influence de la Chine, avait été entachée de polémique, alors que la tradition voulait que le dirigeant de l’institution, fondée en 1959, soit un Latino-Américain. Depuis lors, sa promesse d’obtenir une recapitalisation de 80 milliards de dollars (75,7 milliards d’euros) des Etats-Unis, principal bailleur de fonds de la BID, n’a toujours pas été votée au Congrès, certains analystes attribuant le blocage à l’opposition des démocrates à un fonctionnaire désigné par M. Trump.

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Depuis deux ans, M. Claver-Carone, qui assure « laisser la politique à la porte de la BID », a opté pour l’intensification de la collaboration de l’institution bancaire avec le secteur privé à travers BID Invest, la branche privée de l’institution. Fier d’avoir réussi à « battre tous les records en financements privés de la banque en 2021, avec 23,4 milliards de dollars livrés », soit le double de la moyenne habituelle de l’entité, le fonctionnaire met en avant le « nearshoring », c’est-à-dire la délocalisation ou le rapatriement d’une activité économique dans un pays proche de ses marchés.

« A cause de la crise due au Covid-19, nous assistons à un étranglement des chaînes d’approvisionnement, du fait de la dépendance des usines d’Asie, et cela a été aggravé par la guerre en Ukraine, assure M. Claver-Carone. En ce sens, le nearshoring est primordial et nous pouvons aider les entreprises françaises installées en Chine ou dans d’autres pays asiatiques à délocaliser leur production en Amérique latine et aux Caraïbes. »

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