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Face à l’inflation, le « stress test » de Christine Lagarde


La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, à Bruxelles, le 8 février 2021.

Au lendemain de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), jeudi 9 juin, une caricature dans le quotidien allemand Handelsblatt montrait Christine Lagarde tentant désespérément de fermer la porte sur un flot d’eau symbolisant l’inflation. Les pieds de la présidente de la BCE étaient sur un tapis européen qui se dérobait progressivement.

Avec une inflation en zone euro à 8,1 % et des taux d’intérêt qui flambent sur les marchés financiers, Mme Lagarde connaît probablement son moment le plus difficile depuis qu’elle a pris la tête de la BCE, en novembre 2019. « Elle joue son mandat en ce moment, suivant la façon dont elle se sortira de cette crise », estime Ludovic Subran, économiste en chef d’Allianz. « C’est son stress test » (en référence aux « tests de résistance » que la BCE fait passer aux banques pour mesurer leur solidité), ajoute Aurore Lalucq, députée européenne (Place publique), membre du comité sur les affaires économiques et monétaires et qui, à ce titre, auditionne Mme Lagarde plusieurs fois par an.

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Quand la Française est arrivée à son poste, le microcosme très masculin des banquiers centraux s’interrogeait : voilà quelqu’un qui n’était pas du sérail, pas économiste de formation et qui devait remplacer Mario Draghi, un technicien très admiré. Serait-elle à la hauteur ?

« Conserver une forme de consensus »

Une malheureuse phrase, prononcée en mars 2020, lors de l’irruption de la pandémie de Covid-19, a renforcé les doutes : « Nous ne sommes pas là pour réduire les “spreads” [l’écart entre le taux allemand et les taux des pays périphériques] », avait-elle alors déclaré. En entendant cela, les marchés s’étaient affolés, imaginant que cela indiquait que la BCE pourrait éventuellement lâcher – en cas de crise – un pays vulnérable, comme l’Italie.

Deux ans plus tard, Mme Lagarde a plutôt remporté les faveurs des observateurs. « On n’est pas du même bord politique, mais il faut reconnaître que sa situation est très compliquée. J’avais peur qu’elle ne soit pas assez inventive, mais elle a lancé le plan d’achat d’actifs pendant la pandémie, et elle a avancé sur le verdissement de la politique monétaire », relève Mme Lalucq, « Je serais plutôt bienveillant, ajoute Eric Dor, de l’Ieseg, une école de commerce. Elle collectionne les crises [pandémie, puis flambée d’inflation]. Elle a été choisie pour ses talents de diplomate, pour rassembler les membres de la BCE. »

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Le Conseil des gouverneurs, composé de vingt-cinq membres, est en effet très disparate, entre faucons et colombes. « L’enjeu pour elle est de conserver une forme de consensus, et elle fait ça très bien, note M. Subran. Le problème n’est pas Christine Lagarde, mais la situation économique du moment. »



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