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Au Vietnam, la lutte anticorruption bat son plein


Le secrétaire général du parti communiste vietnamien, Nguyen Phu Trong, s’exprime devant le Parlement, à Hanoï (Vietnam), le 20 juillet 2021.

Société privée vietnamienne spécialisée dans l’équipement médical, Viet A Technology a décroché, en février 2020, une bourse d’Etat pour mettre au point, avec l’Académie de médecine militaire, un test de détection du Covid-19 « made in Vietnam ». Le ministère des sciences et des technologies, qui a accordé ladite bourse, annonçait, deux mois plus tard, que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait validé l’usage du test. La presse vietnamienne a encensé Viet A, qui a même reçu, en 2021, une médaille du travail du président. Malgré l’âpre concurrence des produits importés, notamment de Chine, l’entreprise engrange des bénéfices substantiels, car le pays de cent millions d’habitants teste à tout va.

Cependant, fin 2021, son patron a été arrêté pour avoir artificiellement gonflé les prix de ses tests de 35 %, et versé des pots-de-vin à des responsables de centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) provinciaux. En outre, la validation par l’OMS n’a jamais eu lieu. Depuis, l’enquête, menée tambour battant par l’agence anticorruption du Parti communiste vietnamien (PCV), appelée le Comité national de pilotage contre la corruption et les phénomènes négatifs, a fait tomber près de soixante personnes.

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Parmi celles-ci se trouvent des fonctionnaires, des militaires, des chercheurs, des hommes d’affaires, ainsi que le ministre de la santé, Nguyen Thanh Long, et le président du Comité populaire de Hanoï (l’équivalent du maire), Chu Ngoc Anh, responsable de divers abus et violations des règles alors qu’il était ministre des sciences et des technologies (jusqu’en 2020). Tous deux ont été arrêtés après avoir été préalablement expulsés du parti.

Relations toxiques entre le monde des affaires et l’Etat-parti

L’affaire, surnommée « la bombe Viet A » dans la presse nationale, est la dernière en date d’une série d’enquêtes retentissantes qui ont mis au jour des pratiques de corruption et, plus généralement, les relations toxiques entre le monde des affaires et l’Etat-parti ou des instances de régulation. Mi-avril, le vice-ministre des affaires étrangères était appréhendé pour avoir accepté des pots-de-vin de Vietnamiens en rade à l’étranger durant la crise sanitaire et voulant être acceptés sur des vols d’assistance gouvernementaux.

Le pays cherche à se positionner comme une solution de premier choix face à la Chine pour les groupes occidentaux ou asiatiques qui s’en retirent complètement ou partiellement

Un vice-ministre de la santé a été condamné en mai à quatre ans de prison pour avoir autorisé des médicaments contrefaits. Dans l’armée, le chef du parti et l’ex-commandant en chef des gardes-côtes ont été arrêtés en avril pour des détournements de fonds. Dans le secteur privé, plusieurs patrons de conglomérat l’ont été pour des manipulations boursières, dont le fondateur du groupe FLC, qui possède la troisième compagnie aérienne du pays, Bamboo Airways, et le patron du groupe immobilier Tan Hoang Minh.

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