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En Tunisie, arrestation de l’ancien chef de gouvernement Hamadi Jebali


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L’ancien chef de gouvernement tunisien Hamadi Jebali, le 6 août 2019.

L’ancien chef de gouvernement tunisien Hamadi Jebali, en poste entre 2011 et 2013 à la tête d’un gouvernement de coalition dirigé par le parti islamiste Ennahda, a été arrêté par la police jeudi 23 juin à Sousse, dans l’est de la Tunisie. S’il avait pris ses distances ces dernières années avec la direction du parti, Hamadi Jebali est néanmoins étroitement associé à l’histoire du mouvement islamiste tunisien, que ce soit dans l’opposition – il fut torturé sous la dictature du président Ben Ali – ou au pouvoir, au lendemain de la révolution de 2011.

Hamadi Jebali avait démissionné de ses fonctions de premier ministre en mars 2013, au plus fort de la crise déclenchée en Tunisie par l’assassinat un mois plus tôt de l’opposant anti-Ennahda Chokri Belaïd, figure de la gauche tunisienne. Le camp anti-islamiste avait alors mis en cause la responsabilité d’Ennahda dans cet assassinat, comme dans celui qui coûterait la vie quelques mois plus tard à Mohamed Brahmi, autre personnalité emblématique de l’opposition.

L’arrestation de M. Jebali, qui fait suite à celle fin décembre de Noureddine Bhiri, ex-ministre de la justice entre 2011 et 2013 et chef du groupe parlementaire d’Ennahda à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) entre 2014 et 2019, semble confirmer l’intention du chef de l’Etat, Kaïs Saïed, d’intensifier l’offensive judiciaire contre les symboles de la mouvance islamiste. L’ancien dirigeant a été conduit devant la brigade antiterroriste d’El Gorjani, à Tunis, pour suspicion de « blanchiment d’argent » visant l’association caritative Namaa Tounes, selon la presse tunisienne. Le président de l’association ainsi que son prédécesseur ont également été arrêtés.

Grève de la faim

Le détail des faits reprochés à M. Jebali n’est toutefois pas connu à ce stade. Selon une source proche d’Ennahda, l’ex-chef de gouvernement aurait entamé dans la soirée de jeudi une grève de la faim afin de protester contre « l’acharnement policier et judiciaire » le ciblant. Ses avocats ont fait savoir qu’il se considère en « état d’enlèvement » et refuse de « répondre aux questions de ses ravisseurs ».

Le président Kaïs Saïed s’était arrogé les pleins pouvoirs en décrétant un régime d’exception le 25 juillet 2021, alors que l’exaspération de la population était à son comble face à la paralysie des institutions, sur fond de crise sanitaire liée au Covid-19. Le chef de l’Etat, élu en 2019 à la faveur d’un vote antisystème, avait notamment bénéficié de l’hostilité croissante envers Ennahda, parti associé à toutes les coalitions gouvernementales depuis 2011 et aux commandes de l’exécutif entre 2011 et 2014.

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