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La nouvelle loi audiovisuelle met les producteurs indépendants espagnols sur le pied de guerre


Le ministre de la culture espagnol Miquel Iceta, à la première du film « El Buen Patron », à Madrid (Espagne), le 14 octobre 2021.

La nouvelle loi générale de communication audiovisuelle, approuvée en première lecture le 26 mai au Parlement espagnol, a provoqué une levée de boucliers générale chez les producteurs indépendants. Le texte transpose, avec trois années de retard, une directive européenne sur la prestation de services de communication audiovisuelle. Au passage, il modernise la loi en vigueur qui date de 2010, et oblige les plates-formes vidéo, comme Netflix, HBO ou Disney+, à destiner 5 % des revenus générés en Espagne au financement d’œuvres audiovisuelles européennes, dont 70 % de productions indépendantes espagnoles, qu’elles soient tournées en castillan ou dans l’une des langues officielles de l’Etat (catalan, basque ou galicien).

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A priori, une bonne nouvelle pour les principaux concernés. Sauf qu’une controverse, portant sur la définition de ce qu’est un producteur indépendant, a enflammé le débat autour du texte. Celle que pose noir sur blanc la nouvelle loi inclut ceux qui produisent des films pour des plates-formes et autres fournisseurs de contenus audiovisuels.

Volte-face

« Plus de 25 000 emplois sont mis en danger, dont 17 000 pourraient disparaître et 7 000 se précariser », ont dénoncé dans un communiqué conjoint toutes les maisons de production indépendantes du royaume, rassemblées dans la Plate-forme audiovisuelle de production indépendante (PAP). Elle considère que la loi « laisse le talent et les créateurs sans défense face aux grands conglomérats corporatifs ». Le ministre de la culture, le socialiste Miquel Iceta, a défendu les avancées portées par le texte et a ajouté, pragmatique : « Peut-être que nous n’avançons pas assez », mais, « dans le pire des cas, nous ne reculons pas ».

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Les partis indépendantistes catalans, qui avaient négocié le texte ces derniers mois, ont fait volte-face et voté contre. Pourtant, ils avaient obtenu qu’un minimum de 0,525 % des revenus des « prestataires de services de communication audiovisuelle télévisée sur demande » serve à financer des films, séries ou documentaires en langue régionale et que près de 6 % de leur catalogue offre des œuvres tournées ou doublées dans une des langues régionales. La gauche radicale Unidas Podemos, qui gouverne en coalition avec les socialistes, s’est abstenue lors du vote, tout comme le Parti populaire (PP, droite), qui a sauvé le texte in extremis.



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