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La guerre en Ukraine a forcé l’UE à accélérer ses dossiers pendant la présidence française


Le président français, Emmanuel Macron, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors du Conseil européen, le 23 juin 2022, à Bruxelles (Belgique).

Pendant six mois, plus de mille diplomates et autres fonctionnaires s’y sont consacrés, sans relâche. A l’approche du 30 juin et de la fin de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE), un véritable soulagement était perceptible à l’Elysée, à Matignon, au Quai d’Orsay, dans les administrations des différents ministères et bien sûr à l’ambassade de la France auprès de l’Union européenne (UE), où près de 290 hommes et femmes n’ont pas ménagé leurs efforts.

« La France peut être fière » de sa présidence, a commenté Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, à l’issue du Conseil européen des 23 et 24 juin, au terme duquel l’Ukraine a obtenu le statut de candidat à l’entrée dans l’UE. Ce même jour, son homologue au Conseil européen, Charles Michel, a également salué le « travail gigantesque réalisé ».

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La France, dont la dernière présidence tournante remontait à 2008, s’était préparée de longue date : la première réunion rassemblant le gouvernement sur le sujet s’était tenue à Matignon, alors encore occupé par Edouard Philippe, en novembre 2019. L’Etat a débloqué un budget de 140 millions d’euros pour l’occasion, qui a permis de faire un peu vivre l’Europe dans l’Hexagone à l’occasion de plus de 400 événements, dont le sommet de Versailles, les 10 et 11 mars. « Ça ne pouvait pas être autant que l’Allemagne, mais on voulait que ce soit une présidence plus flamboyante que celle de la Finlande, où tout se passait dans un hangar près de l’aéroport d’Helsinki », commente-t-on à Matignon.

« Une Europe unie, souveraine »

L’enjeu était de taille pour Emmanuel Macron, qui a mis l’Europe au cœur de son action : le président avait souhaité maintenir le calendrier de la PFUE malgré les élections présidentielle et législatives. Quoi qu’il en soit, l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février et le retour de la guerre en Europe a changé le cours des événements. « L’Europe de juin 2022 est très différente de celle de janvier 2022 », a commenté M. Macron, à Bruxelles, le 24 juin. Avant de se féliciter : « La guerre n’a fait que valider notre agenda de souveraineté européenne », celui-là même qu’il avait présenté dans son discours de la Sorbonne en septembre 2017.

Depuis le 24 février, les Européens ont adopté à l’unanimité six paquets de sanctions, ils ont aussi mis en place une aide militaire, financière et humanitaire à Kiev en des temps record. Ils ont également fait avancer des dossiers chers à Paris qui rencontraient encore de nombreuses résistances aux quatre coins du continent. Après la crise du Covid-19 qui a montré aux Vingt-Sept l’intérêt de mettre en place une Europe de la santé, le conflit qui se tient aux portes de l’UE les a convaincus de se montrer plus unis face à Moscou, de travailler ensemble à une politique étrangère moins embryonnaire et de mieux se concerter en matière de défense. Même si la guerre en Ukraine a renforcé le poids de l’OTAN et souligné la différence entre les pays de l’Est partisans d’un soutien inconditionnel à l’Ukraine et ceux de l’Ouest qui, à l’image de Paris, ne voulaient pas couper les ponts avec Vladimir Poutine.

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