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Entre Israël et Riyad, la politique des petits pas


Le président américain Joe Biden aux côtés du premier ministre israélien Yaïr Lapid et du président israélien Isaac Herzog lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Mondiaux des Maccabiades, à Jérusalem, le 14 juillet 2022.

Joe Biden n’avait pas grand-chose à dire à Israël, sinon qu’il l’aime. Et le président américain a reçu, mercredi 13 et jeudi 14 juillet, un accueil d’une chaleur dont il ne peut plus rêver aux Etats-Unis, où sa cote de popularité est en chute libre. Le pays s’est mis à l’arrêt pour saluer ce « sioniste » revendiqué, qui accomplit ici son dixième voyage, et qui se plaît tant à rappeler sa première visite, en 1973, lors de laquelle il avait rencontré la première ministre Golda Meir.

A Jérusalem, M. Biden a surtout posé les bases nécessaires à son déplacement en Arabie saoudite, effectué dans la foulée, vendredi. Il a facilité un rapprochement à petits pas entre l’Etat juif et Riyad, poursuivant la politique de son prédécesseur, Donald Trump, sans jamais le nommer. Dans la nuit de jeudi à vendredi, M. Biden a salué la décision du royaume d’ouvrir son espace aérien aux avions de ligne d’Israël. Peu avant, des sources anonymes israéliennnes avaient affirmé n’avoir « aucune objection » à ce que l’Arabie saoudite reprenne le contrôle des ilôts de Tiran et de Sanafir, en mer Rouge, contrôlés jusqu’ici par l’Egypte.

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Le conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, avait prévenu que le président limiterait tout contact physique durant son voyage. Nulle poignée de main n’était à attendre, officiellement par crainte de l’épidémie due au coronavirus. Ces précautions sont aussi apparues comme une manière d’excuser par avance la distance à laquelle M. Biden cherchera à tenir le prince héritier Mohammed Ben Salman, à Riyad.

Nombreuses accolades

La digue a pourtant vite cédé. M. Biden a multiplié les accolades avec les ministres israéliens sur le tarmac de l’aéroport David-Ben-Gourion, s’attardant auprès de l’ex-premier ministre, Benyamin Nétanyahou. Une manière de couper court aux accusations d’ingérence électorale, alors qu’Israël retourne aux urnes le 1er novembre. Au mémorial de Yad Vashem, il s’est agenouillé de longues minutes auprès de deux survivantes de la Shoah.

Le gouvernement de Yaïr Lapid avait à cœur d’afficher une relation « bipartisane » restaurée, après des années durant lesquelles M. Nétanyahou a ancré la cause israélienne dans le camp républicain, donnant de l’air aux voix critiques de l’occupation des territoires palestiniens au sein du parti démocrate. Vendredi, M. Biden devait visiter un hôpital de Jérusalem-Est, puis rencontrer à Béthleem le président Mahmoud Abbas.

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M. Biden a rappelé son attachement à une solution à deux Etats qui respecteraient « les droits égaux de leurs citoyens », seule à même de garantir qu’Israël demeure « un Etat indépendant juif et démocratique ». Mais, dès son arrivée, il a redit à quel point ce dossier figure loin dans l’ordre de ses priorités : « Je sais que ce n’est pas pour bientôt. »

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