fbpx

Aux Etats-Unis, début du procès du tireur du lycée de Parkland, qui avait fait dix-sept morts en 2018


Des participants à la Marche pour nos vies, à Parkland, le 11 juin 2022.

Un procès s’ouvre, lundi 18 juillet en Floride, pour fixer la peine de l’auteur de l’une des pires tueries en milieu scolaire aux Etats-Unis, celle du lycée de Parkland, qui a fait dix-sept morts en 2018. Reflet de l’immense émotion soulevée par ce drame, il a fallu près de trois mois pour sélectionner douze jurés, sept hommes et cinq femmes, jugés suffisamment impartiaux pour décider du sort de Nikolas Cruz, 23 ans.

Le 14 février 2018, il avait semé l’effroi à Parkland, une petite ville au nord de Miami, en ouvrant le feu avec un fusil semi-automatique dans le lycée Marjory Stoneman Douglas, dont il avait été exclu un an plus tôt. En octobre, il a plaidé coupable des dix-sept meurtres commis ce jour-là, ceux de quatorze élèves et trois adultes, et de dix-sept tentatives de meurtre – une par blessé. Son procès vise uniquement à déterminer s’il mérite la peine capitale comme le requièrent les procureurs, ou la prison à vie. Si un seul juré s’y oppose, Nikolas Cruz sera condamné à une peine incompressible de réclusion à perpétuité.

Ce procès, qui devrait durer plusieurs mois, a un caractère singulier tant il est rare, aux Etats-Unis, que les auteurs de tels carnages survivent à leur attaque. Il survient alors que le pays est sous le choc d’une série de fusillades sanglantes dans une école primaire (vingt et un morts dont dix-neuf enfants, au Texas), un supermarché (dix morts, tous Afro-Américains, dans l’Etat de New York) et un défilé de la fête nationale (sept morts, dans l’Illinois). Comme à Parkland, ces bains de sang ont tous été commis par de très jeunes hommes armés de fusils d’assaut.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés A Uvalde, au Texas, le récit d’un massacre américain tristement classique

Plainte contre la police fédérale

Les audiences s’annoncent éprouvantes, avec les témoignages de proches des victimes et de rescapés, ainsi que la diffusion de vidéos enregistrées par les témoins du drame. Les avocats de Nikolas Cruz devraient plaider que leur client est atteint de troubles mentaux et rappeler qu’il a présenté ses excuses. « Je suis vraiment désolé de ce que j’ai fait, j’en porte le poids chaque jour », avait-il déclaré en octobre.

L’accusation devrait insister sur la nature préméditée du crime, en s’appuyant sur une vidéo enregistrée avant le passage à l’acte. « Que commence aujourd’hui mon massacre. Que tous les enfants effrayés courent se cacher », disait-il. « Je ne suis personne, ma vie est néant et n’a aucun sens », ajoutait-il, annonçant vouloir se rendre dans son ancienne école en véhicule Uber armé d’un fusil AR-15.

Lire aussi notre éditorial : Fusillade au Texas : les Etats-Unis s’entre-tuent, le Parti républicain regarde ailleurs

Malgré ses antécédents psychiatriques et des signalements sur sa dangerosité, Nikolas Cruz avait en effet pu acheter légalement ce fusil, une version civile des fusils d’assaut. Après le drame, ses victimes avaient déposé plainte contre la police fédérale, accusée de n’avoir pas suivi ces « tuyaux ». Le ministère de la justice a accepté en mars de leur verser 127,5 millions de dollars pour mettre un terme à ces poursuites.

24 000 morts par arme à feu depuis le début de l’année

L’attaque de Parkland était le pire massacre commis en milieu scolaire aux Etats-Unis depuis la tuerie de l’école Sandy Hook, à Newtown dans le Connecticut, en 2012, lors de laquelle vingt-six personnes avaient péri. Elle avait suscité une mobilisation record menée par plusieurs jeunes rescapés et par les parents de victimes. Le 24 mars 2018, la Marche pour nos vies avait rassemblé environ 1,5 million de personnes à travers le pays, la plus grande manifestation nationale pour un meilleur encadrement des armes à feu de toute l’histoire des Etats-Unis.

Malgré les espoirs des manifestants, aucune réforme législative n’a été adoptée au Congrès, et les ventes d’armes à feu ont continué à augmenter ces dernières années aux Etats-Unis, notamment durant la pandémie de Covid-19.

Les armes à feu ont fait plus de 24 000 morts, dont 13 000 suicides, depuis le début de l’année, selon le site de Gun Violence Archive. Les drames récents ont été suivis de l’adoption d’une loi fédérale à la portée modeste, qui prévoit surtout de renforcer les fonds alloués à la sécurité des écoles et à la santé mentale.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés La Cour suprême des Etats-Unis consacre le droit de porter une arme à feu partout en dehors de chez soi

Le Monde avec AFP



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.