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En Chine aussi, la température bat des records


Dans une rue de Shanghaï, le 13 juillet 2022.

L’expérience est cruelle, mais instructive : un homme mesure la température au sol, 65 °C sur le pavé chauffé par le soleil, puis y dépose une fourmi. Il compte, « yi, er, san » : à la troisième seconde, la fourmi se recroqueville et meurt. La vidéo, prise à Dayang, dans la province du Jiangsu, au nord de Shanghaï, a circulé sur les réseaux sociaux chinois, le 14 juillet. Depuis une semaine, la Chine fait face à une vague de chaleur exceptionnelle.

A travers le pays, 84 villes ont lancé des alertes rouges à la canicule, pour des températures dépassant les 40 °C. A Shanghaï, le mercure est monté à 40,9 °C à l’ombre le 13 juillet, égalant un record établi en 2017. Le même jour, à Chongqing, dans le centre, il atteignait 41,3 °C. Si le pays, habitué aux fortes chaleurs l’été, est généralement bien équipé en climatisation, cette vague de chaleur entraîne une hausse de la consommation d’énergie, au point que les autorités de plusieurs provinces ont pris des mesures de rationnement pour préserver le réseau électrique. Des récoltes sont aussi en danger, poussant déjà le prix de certaines denrées à la hausse.

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La canicule de ces derniers jours n’est pas un phénomène isolé : le mois de juin était déjà le plus chaud qu’ait connu la Chine depuis 1961. En juillet, plusieurs décès ont été rapportés par les médias chinois, à Xi’an et dans les provinces du Sichuan et du Zhejiang. Après un bref répit ce week-end, le thermomètre devrait de nouveau s’affoler dès mercredi 20 juillet dans les provinces du Jiangxi, du Zhejiang et du Fujian notamment, avec des températures situées entre 39 et 42 °C, a annoncé l’Administration météorologique de Chine.

« Rester couché »

Traditionnellement, l’été en Chine est marqué par les « sanfu », trois périodes d’une dizaine de jours marqué par des températures élevées et une forte humidité, où il faut « rester couché », entre mi-juillet et mi-août. Cette année, ces fortes chaleurs devraient durer plus longtemps – jusqu’au 24 août, estime l’administration de la météo – seulement être interrompues par les fortes pluies qui frappent le pays tous les étés. Soit environ quarante jours à « rester couché »…

Mais tout le monde n’a pas cette possibilité. Des dizaines de villes touchées par des foyers de Covid-19 continuent de tester régulièrement leur population tout entière. Dans la touffeur de Shanghaï et du bassin du fleuve Yangzi, les habitants se plaignent de cuire dans les files d’attente qui mènent aux centres de tests. La tâche est encore plus pénible pour le personnel de santé, chargé d’effectuer les prélèvements, qui étouffe sous la combinaison intégrale obligatoire.

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