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En Pologne, le long de l’enclave de Kaliningrad, une économie locale qui pâtit des sanctions contre la Russie


Sur le parking du Lidl de Braniewo, à 10 kilomètres de la frontière avec l’enclave russe de Kaliningrad, Vladimir et Ksenia (prénoms changés) font partie des rares clients russes à faire leurs courses dans cette localité du nord-est de la Pologne. « Nous rentrons d’Allemagne pour Kaliningrad », déclare évasivement Vladimir, en glissant plusieurs paquets de biscuits dans le coffre, rempli à ras bord, de sa berline. « Les produits alimentaires sont moins chers en Pologne et de meilleure qualité », vante sa compagne, Ksenia.

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Affairée au rayonnage boulangerie, une employée du supermarché confirme que la clientèle de Russes, qui affluait il y a quelques années encore, s’est volatilisée : « On ne les voit presque plus dans le magasin, et je vous garantis qu’on le sent. » Non loin de là, Katarzyna (prénom changé) tente de passer le temps derrière son comptoir de change. « Les riverains redoutent que cette frontière à moitié fermée mène à des licenciements. Et des emplois, il n’y en a guère par ici », commente cette résidente de Braniewo, une ville de 17 000 habitants.

A quelques kilomètres au nord, au passage frontalier de Gronowo, faisant face à la commune russe de Mamonovo, c’est le calme plat. La frontière y est fermée par les autorités polonaises depuis le 13 mars 2020. Le danger sanitaire a beau s’être considérablement éloigné, les barrières n’ont jamais rouvert, faisant péricliter définitivement bureaux de change et petits restaurants installés en bord de route. Les automobilistes souhaitant se rendre dans l’oblast de Kaliningrad doivent se rabattre sur un passage à 15 kilomètres plus à l’est. Mais, même là, ils sont aux abonnés absents. « La circulation ? Il y en a peu, comme vous pouvez le constater », assure un agent frontalier polonais à Grzechotki. Depuis la pandémie de Covid-19, deux des quatre passages frontaliers qui jalonnent les 210 kilomètres de frontière entre la Russie (de Kaliningrad) et la Warmie-Mazurie polonaise sont actuellement hors service.

« Une énorme perte »

Et la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine, le 24 février, a tari ce qui restait de déplacements transfrontaliers. « Les Russes étaient de très bons clients, ils achetaient pour 300 à 500 euros à chaque passage », se désole Jakub Bornus, élu de la commune rurale de Braniewo – administrant les villages avoisinants. Droit dans son costume bleu foncé, l’édile confirme que la profusion de supermarchés et de grandes enseignes commerciales locales répondait aux besoins de la clientèle russe, autrefois fleurissante. Autant de commerces qui ont vu leur chiffre d’affaires ébranlé par la pandémie, et désormais par la guerre en Ukraine.

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